"T u n e t u e r a s p o i n t ! " |
"J'ai pour ambition de faire adopter dans le monde entier le principe de protection de la vache en tant qu'il induit la protection de toutes les créatures muettes faites par Dieu ".
Mahatma Gandhi
La vache, expliquait Gandhi, nous fournit un aliment de première nécessité:
le lait. Et tous ses dérivés :beurre, crème, fromage ;
comme la chèvre, pourrions-nous ajouter et comme la brebis qui nous donne
aussi sa laine ; comme la poule qui nous procure ses ufs dont la forme
parfaite évoquait, chez les Anciens, l'origine du Monde.
Gandhi, nous direz-vous, vivait sous d'autres cieux, en d'autres temps. Posons-nous
cependant une question toute bête : connaîtrions-nous aujourd'hui
la vache folle et ses dramatiques conséquences s'il était parvenu
à son bel et naïf objectif ?
Cette question, pour fermée qu'elle soit, devrait nous ouvrir à
une autre question, de fond celle-là : est-il acceptable que l'homme
moderne, dit civilisé, mange encore de la viande ? Est-ce réellement
bon pour sa santé physique, pour sa santé mentale, pour son évolution
?
Notre organisme est une merveilleuse usine de transformation des nourritures
qui fait de nous ce que nous ingérons : air, boissons, aliments. "
On est ce que l'on mange " disent les médecins chinois. De même,
notre esprit est ce qu'en font les multiples impressions qu'il reçoit.
Or, en prenant de la viande, c'est du cadavre que nous mangeons : nous avalons
la mort, nous sommes des "croque-morts ". Pire encore puisque nous
consommons ces temps-ci le cadavre qui a mangé le cadavre, notre économie
de rendement (qui transgresse là une des lois naturelles les plus élémentaires)
ayant honteusement transformé nos bons ruminants en carnivores !
Il y aurait du reste pour certains une relation causale à faire entre
le cancer où des cellules mangent d'autres cellules de même nature
et l'homme qui mange l'animal bien qu'appartenant physiquement et physiologiquement,
nul ne le contredira
au règne animal.
Mais ce n'est pas tout : au prétexte de fallacieux impératifs
démo-économiques, nos technocrates ont accepté et encouragé
l'élevage intensif et, partant, la création d'antibiotiques, hormones
et autres farines létales qui ont infecté tous les animaux de
nos fermes et, par voie de conséquence et dans des proportions qui restent
à découvrir, leur unique prédateur : l'homme.
L'ingestion d'une viande réputée saine, à elle seule, devrait
pourtant suffire à dégoûter les plus courageux d'entre nous
s'ils réalisaient qu'une fois dans l'organisme, elle contraint celui-ci
à produire vers, bactéries et parasites divers pour en assurer
la décomposition !
Comment d'ailleurs une viande, même non polluée chimiquement,
pourrait-elle être bonne pour la santé quand le sang des animaux
de boucherie, nous le savons, est gravement intoxiqué par le traumatisme
des violences que leur font subir, jusqu'à l'abattage, éleveurs
et maquignons ? Et peut-on douter que ces toxines se transmettent à celui
qui la consomme ?
Alors, qu'on ne nous dise plus qu'une alimentation carnée est nécessaire
à notre santé !
Il y a plus d'un million de végétariens en France. Ce ne sont
pas tous de doux rêveurs, loin s'en faut, et ils ne peuplent pas- que
nous sachions- nos hôpitaux.
D'ailleurs, cette tyrannie des idées reçues et habilement entretenues
par l'Occident des affaires, qui veut que seul un régime carnivore procure
force, éveil et bonheur, est contredite par la plus simple observation.
Les mammifères les plus puissants de la création : vaches, rhinocéros,
éléphants
ont toujours été des herbivores.
De même, les sociétés les plus évoluées des
siècles passés (athéniens, esséniens, bouddhistes,
hindous
) ont-elles toujours été végétariennes.
Enfin, que l'on prenne la peine de lire le message de mansuétude et de
joie qui émane du sourire de nos amis tibétains et de leur chef
spirituel, le Dalaï Lama, prix Nobel de la Paix. Eux aussi sont (et strictement)
végétariens !
Lequel d'entre nous est-il jamais allé visiter un abattoir sans être
pris de nausées devant le spectacle fétide du massacre organisé
?
Nous ne nous laissons pas aller au sentimentalisme, encore moins à la
sensiblerie et nous ne nions pas d'ailleurs que certaines espèces animales
puissent à un moment donné être nuisibles à l'homme.
Non, ce qui nous choque, c'est cette lâcheté barbare qui nous amène,
au principe trompeur de bien se nourrir et de nourrir l'humanité, à
accepter que nos amies les bêtes soient parquées, claustrées,
gavées et, finalement, assassinées quand nous ne faisons qu'assouvir
un plaisir gustatif, malsain, décadent.
Mais le carnivorisme officiel a depuis longtemps gangrené nos esprits
au point que nous ne voyons plus l'évidence de ses implications philosophiques
et psycho-physiques.
Et nul n'est épargné : Une maman, toujours attentive au bonheur
de son petit enfant, lui fera caresser l'agneau dans le champ en lui expliquant
qu'il est un modèle de douceur et, le jour même, lui donnera une
tranche de gigot à manger
Combien de bébés pourtant, depuis la nuit des temps, n'ont-ils
survécu que grâce au lait nourricier de nos plus vieux compagnons
?
Elevons donc des poules dans notre jardin et tuons-les et observons la réaction
de nos enfants qui, naturellement, auront donné un petit nom à
chacune d'entre elles... Faisons de même avec des lapins. Puis faisons-le
avec notre chat, notre chien ou notre hamster ! Quel droit, bon Dieu, auraient-ils
à la vie que n'auraient pas les autres "créatures muettes
" ?
Nous ne le ferons pas, bien entendu et heureusement, car ce serait aggraver
encore notre responsabilité devant les crimes dont nous nous rendons
quotidiennement complices en consommant de la chair animale.
Il est vrai, à notre décharge, que tout est fait pour nous déculpabiliser
: la viande est désormais majoritairement vendue sous plastique, calibrée,
standardisée, anonyme. Qui donc y verrait telle partie d'un animal qui,
hier encore, comme nous respirait, sentait, vivait ?
Posons-nous alors une autre question : combien d'entre nous accepteraient-ils,
aujourd'hui, de tuer, dépecer, éviscérer et découper
un animal si c'était là la seule solution pour satisfaire leur
envie de viande ?
Demandons-nous enfin sincèrement ce qui caractérise aujourd'hui
notre attitude : une molle et coupable inconscience ou cette hypocrisie nécrophage
que le "nutritionnellement correct " nous aide à couvrir des
oripeaux de la soi-disant normalité ?
Demain, il n'est pas à en douter, nombre d'entre nous s'emploieront à
exorciser leur angoisse de contracter l'encéphalite spongiforme bovine
en cautionnant le sacrifice de troupeaux entiers de kangourous.
A ne pas réagir, notre indifférence au génocide animal,
autre part justifiée par le dangereux postulat d'infériorité
de l'espèce, ne ferait qu'insidieusement nourrir d'autres options morbides,
plus graves parce que visant l'homme mais pareillement légitimées
par leurs tenants, qui ont conduit à toutes les guerres, toutes les boucheries,
tous les holocaustes !
En soutenant cette audacieuse déduction, nous voulons affirmer que la
paix ne pourra être instaurée dans ce monde sans que soit d'abord
éradiquée de l'esprit humain cette violence faite au respect le
plus élémentaire des êtres vivants les plus vulnérables.
Nos lycées organisent pour nos enfants des visites à Auschwitz
et nous en reconnaissons l'extrême utilité. Nous proposons maintenant
qu'ils les fassent aussi cheminer de ces camps de concentration que sont les
élevages en batteries jusqu'aux abattoirs, ces autres camps d'extermination.
Ils y découvriront peut-être que l'humanité, pour ce qu'elle
s'oppose à l'animalité, devrait commencer par se purger de tout
comportement "bestial " et leurs sens, saturés de dégoût,
leur donneront peut-être à réaliser qu'on leur a fait prendre,
depuis trop longtemps, l'odeur de la mort pour le parfum de la vie.
Jean-Claude Marie
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