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Rappelons que les primates se divisent
en deux grands sous-groupes : |
Dans un article paru dans la revue La Recherche n° 298 de mai 1997, deux chercheurs du CNRS, Bernard Dutrillaux et Florence Richard, expliquent qu'ils ont pu reconstituer l'arbre de famille des primates, sur la base de l'analyse de leurs chromosomes |
considérés comme ayant appartenu à cet ancêtre commun. Ainsi, de proche en proche, peut-on reconstruire ce qu'on appelle un " arbre phylogénétique ", indiquant les relations de filiations entre les différentes espèces, leur degré | ||
2°) les simiens, comprenant d'une part les platyrhiniens anciennement appelés " singes du nouveau monde " (tous localisés sur le continent américain) et caractérisés par leurs narines écartées, d'autre part les catarhiniens anciennement appelés " singes de l'ancien monde " (localisés sur les autres continents), caractérisés par leurs narines rapprochées, et dont les humains font partie. Sur les 200 espèces environ de primates actuellement connues et qui se répartissent à peu près à parts égales entre platyrhiniens, catarhiniens et prosimiens, les auteurs ont analysé les chromosomes de près de 120 d'entre elles, ce qui confère une bonne fiabilité à leurs travaux. Le résumé qui est donné de leur article est édifiant : " La comparaison systématique des chromosomes de quelque cent vingt espèces de primates permet de reconstituer de manière précise l'arbre généalogique de notre grande famille. Jamais sans doute la place de l'espèce humaine dans le monde vivant n'aura été identifiée comme aussi banale. " C'est ce qui s'appelle reconnaître que le roi est nu... Qu'est-ce qui a bien pu amener les auteurs à déboulonner encore un peu plus le piédestal sur lequel l'espèce humaine tente de se maintenir au-dessus des autres formes vivantes ? Leurs conclusions se fondent sur l'analyse des chromosomes. Ces molécules du noyau des cellules, qui sont le support de l'hérédité des individus, possèdent des structures en bandes visibles au microscope et caractéristiques de l'espèce. En comparant les structures en bandes des chromosomes de deux espèces différentes, il est possible de reconstituer l'enchaînement des réarrangements qu'ils ont subi à partir d'un ancêtre commun, les éléments structuraux identiques étant
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de différenciation, et les étapes de
leur apparition à partir de leurs divers ancêtres communs. Les auteurs ont ainsi pu mettre en évidence que nos ancêtres directs appartiennent à la famille des orangs-outans et que la branche humaine ne s'est individualisée que très tardivement, à peu près en même temps que les gorilles et les chimpanzés, qui sont donc non pas nos cousins mais nos frères (et soeurs) ! De plus, les dernières modifications chromosomiques et formations d'espèces ont concerné le groupe des chimpanzés, dont les représentants actuels sont de ce fait plus " modernes " que nous ! Les auteurs concluent alors : " Notre orgueil dût-il en souffrir, il faut admettre que la position de l'homme est bien banale dans cet arbre évolutif. Nous sommes étonnamment proches des autres primates, en particulier des pongidés [orangs-outans] ". Non contents de ce constat, ils affirment que l'espèce humaine possède une lourde responsabilité dans la disparition de nombreuses espèces avant même qu'elles n'aient été étudiées convenablement ; en particulier les gorilles et les orangs-outans, qui représentent un élément précieux pour la compréhension de notre propre histoire. Laissons-leur à nouveau la parole : " Tout biologiste rêve de connaître, autrement que par des fossiles, les espèces qui ont jalonné l'histoire de la vie. Il est difficile de pardonner aux hommes d'avoir fait disparaître quelques-unes de ces espèces, par profit ou inconscience, et surtout de continuer à le faire. (...) C'est une responsabilité insoutenable, qui sera jugée par nos propres descendants comme l'un des pires crimes commis par notre civilisation. A la différence des autres grands crimes de ce siècle, il n'aura pas été commis par un dictateur fou, mais par une humanité consciente ". La science montre de plus en plus que les humains et les singes font partie d'une même famille dont les membres sont bien plus proches qu'on ne le croit. Par son désir morbide de domination absolue, l'homme exploite et détruit ses plus proches parents. Espérons que les scientifiques sauront suffisamment vulgariser leurs travaux sur ce sujet pour que les mentalités puissent évoluer à temps. |
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André Mery |
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