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TRANCHE DE VIE
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Article extrait du Journal Alliance Végétarienne n° 66 - Printemps 2002 LE VEGETARISME :
Dès l'adolescence, ce fût le sort de l'humanité qui occupa toute mon attention. La conscience de mes parents me sensibilisa face aux injustices sociales, au racisme, au sexisme, contre la peine de mort ... Et l'engagement politique, syndical et associatif me paraissait la moindre des choses que je puisse faire dans un monde où la souffrance humaine était si forte. Dans ces mouvements, au sein desquels je participe encore pour certains d'entre eux, la priorité est clairement le progrès social, ce qui n'est déjà pas si mal. Mais la condition des autres êtres non humains n'y est pas à l'ordre du jour. Pour nombre de militants purs et durs de la cause humaine, l'intérêt porté à la cause animale est une diversion voir une trahison. Cette vision fragmentée du monde ne me convient plus et je refuse d'admettre que la différence d'espèce justifie les mauvais traitements, la mort, la torture, la détention à perpétuité. Le jour où j'ai décidé de ne plus manger de viande, je me suis senti libéré et cohérent. J'avais enfin dépassé la peur d'être malade et celle d'être ridicule. Je me suis senti plus humain, c'est à dire plus proche de l'idéal d'humanité qui inclut la bienveillance, le respect, la conscience et d'autres valeurs si souvent défendues par celles et ceux qui ont lutté pour les causes les plus nobles. La non-violence est une quête. Toutes les intentions et tous les actes que nous menons dans sa direction nous façonnent. Donner un sens à l'acte de se nourrir est comme un point d'ancrage quotidien à un engagement non-violent plus général : je ne mange pas "mécaniquement", mais avec une intention. Aujourd'hui, je ne saurais me sentir humaniste sans inclure dans mon engagement le respect de toute vie. En ce sens, je trouve particulièrement juste le titre de notre revue "Alliance Végétarienne entre la terre les animaux et les humains". Lorsque l'on commence à se poser des questions, on ne s'arrête
plus. Je veille aujourd'hui à ne pas utiliser de produit dérivés
de la souffrance animale (entre autres le cuir). Le végétalisme
est pour moi la prochaine étape, même si des peurs et des
hésitations m'habitent encore. Pour ma part, je ne pense pas qu'il faille attendre que les hommes se respectent entre eux pour qu'enfin ils respectent ceux qui ne leur ressemblent pas. Le respect de l'être humain est inclus dans le respect de toute vie. Mieux, je crois que la violence que nous infligeons aux autres espèces nous empêche d'atteindre la dignité et la conscience indispensables à la construction d'une humanité évoluée où chaque être a sa place. Frédéric BERTHELET.
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Entre
la Terre, les Animaux et les Humains