TRANCHE DE VIE

Article extrait du Journal Alliance Végétarienne n° 69 - Automne 2002

Témoignages :
- Béatrice
- Viviane


Il y a 16 ans, j'ai vu un veau partir à l'abattoir : je garde depuis le souvenir de ses grands yeux humides et tristes. J'ai pleuré longtemps et j'ai décidé ce jour-là de ne plus manger de cheval, de veau, etc., mais je mangeais encore du poisson. Environ un an après, j'étais enceinte de ma fille, lorsque j'ai lu le livre de Raymond Dextreit " Le foie ce méconnu ". J'ai compris alors que cette viande que l'on me forçait à avaler lorsque j'étais enfant, soi-disant pour ma santé (alors qu'il est vrai, j'étais souvent malade), ne faisait que renforcer mes problèmes !
Depuis qu'effectivement je suis végétarienne, ma santé s'est très nettement améliorée : je suis en bien meilleure santé à quarante ans que je ne l'étais à vingt ans ! Mon mari l'est devenu également à la naissance de notre fille, pour elle, car lui n'a pas de sensibilité particulière par rapport aux animaux, ni de problèmes de santé. Ma fille de quinze ans, végétarienne de naissance, se porte très bien. Depuis, un petit Hugo de trois ans est venu agrandir notre famille végétarienne. Nous ne nous permettons aucun écart, quel que soit le lieu où nous sommes. Ma fille accepte très bien d'être végétarienne et il est même arrivé que certains de ses amis l'envient !
J'ai tenté de devenir végétalienne, mais cela ne m'a pas réussi. Aussi je mange un tout petit peu de fromage. Mais j'envisage toujours de le devenir un jour. Dans notre cercle amical et familial, je trouve que les gens mangent de moins en moins de viande. Notre exemple n'y est pas étranger.
Je suis très fière d'être végétarienne et je m'empresse de le dire dès que j'en ai l'occasion. Mais si au début je tentais de convaincre les autres du bien-fondé du végétarisme, aujourd'hui je les laisse me poser des questions s'ils en ont envie.
Je suis persuadée que le végétarisme, c'est l'avenir, mais il faut parfois du temps pour que le " déclic " se fasse dans l'esprit des gens.

Béatrice Durien


Je suis devenue non-mangeuse de bêtes à dix-huit ans, par intuition, sans aucune autre raison, mais cela m'a fait rencontrer des gens intéressants et les raisons se sont empilées au cours des années. A vingt-trois ans, grave problème : je pris conscience que les plantes étaient aussi vivantes. Devrais-je mourir de faim ? Heureusement, j'étais également enceinte de mon premier enfant ; je décidais donc de remanger de tout. A trente ans, après un superbe accouchement conscient à la maison de mon quatrième garçon, je me tournais à vie vers le végétarisme, la bio, la médecine douce. Mon prénom Viviane qui veut dire Force et Vie, et peut-être mon signe de " Vierge ", influent sur ma volonté de vivre sainement. Je suis allergique au sectarisme et me veux indépendante. Je n'impose donc pas mes idées à mes enfants (les quatre garçons mangent de la viande chez leur père), mais ma petite fille de trois ans est pure végétarienne, et dans ma maison, frigo, four, casseroles, ustensiles, ne connaissent pas les cadavres. Je pense que les grands discours sont inutiles, mais qu'il faut vivre et rayonner. Pour rester en accord entre la terre et le ciel, je m'accorde quotidiennement de grandes ballades, car j'ai toujours eu la chance de vivre accrochée à de fabuleux paysages. C'est la première fois que j'écris à un journal. Est-ce la sérénité des quarante ans ? Surtout l'envie de partager…

Viviane Henry.

 

Logo Alliance Végétarienne
www.vegetarisme.fr

Entre la Terre, les Animaux et les Humains

E-mail : avf@ivu.org