VACHES PAS SACRÉES POUR TOUT LE MONDE

L'Inde, qui traditionnellement vénère la vache comme symbole de la maternité nourricière, tolère à présent des pratiques non seulement contraires à ce principe mais aussi contraires au respect dû à tout être vivant et sensible.

VacheL'association de défense des animaux PETA a lancé il y a deux ans une campagne internationale, dénonçant, par un rapport et des vidéos, les traitements infligés à des bovins par des Indiens avides de profit à n'importe quel prix de souffrance pour des animaux sans défense.Ils achètent des vaches, des bœufs usés, épuisés et ne pouvant plus fournir assez de lait ou de force de travail et vendent leur peau (cuir), tout ceci se passe dans des conditions atroces pour ces bovins.

Les animaux sont forcés de marcher sur de mauvais chemins, par une chaleur torride, pendant 150 kilomètres avant d'être chargés dans des camions délabrés, dépourvus de rampe d'accès, où on les entasse en les tirant, en les poussant, en les frappant. Beaucoup se brisent des membres pendant l'opération. Direction: des abattoirs tout aussi vétustes que les camions.

Chrissie Hynde, la chanteuse du groupe The Pretenders, prend part très activement à la campagne de PETA. Elle a manifesté publiquement en Inde. Elle déclare que, depuis qu'elle a vu ces misérables " caravanes " d'animaux à bout de forces, trébuchant, tombant, relevés à coups de trique, elle a fait vœu de ne plus jamais porter de cuir. Elle décrit notamment le cas d'un gentil bœuf, patient et digne, qui, après une vie de dur labeur dans les champs au service des humains, avait été mis en vente. Trop faible, il ne pouvait marcher aussi vite que les autres. Les hommes l'ont frappé à coups de bâton sur le dos, là où les os ne sont pas protégés par les muscles. Sans résultat. On lui a alors frotté les yeux avec du piment, on lui a tordu la queue, articulation par articulation, jusqu'à ce que tous les os soient brisés. Mais le pire était encore à venir. On l'a traîné, avec d'autres, jusqu'à un lieu caché (car tout ce trafic est illégal) où attendaient des camions. Chaque camion aurait dû contenir six ou sept bovins mais on y en a entassé jusqu'à 24 , les animaux luttaient pour trouver leur équilibre, tombant, se piétinant les uns les autres malgré eux.

Mais le bœuf ne pouvait grimper dans le camion, vieux et épuisé comme il l'était. Il est tombé brutalement sur le sol. Les hommes l'ont alors frappé, lui ont encore mis du piment dans les yeux. Sans résultat: il avait le bassin fracturé. N'arrivant pas à le charger dans le camion, les hommes l'ont abandonné sur le chemin, dans la poussière, sous le soleil de plomb. Il y serait mort lentement. Ingrid Newkirk, la présidente de PETA, qui avait été témoin de toute cette scène, s'est agenouillée près de lui, a lavé ses yeux, a pris sa tête dans ses bras et lui a parlé doucement. Quand elle l'a senti un peu rassuré, elle lui a injecté une overdose de tranquillisant et le gentil bœuf a enfin été délivré de sa vie de torture.

Les autres - du moins ceux qui avaient survécu après plusieurs jours de voyage sans eau ni nourriture - à leur arrivé à l'abattoir sont jetés au sol, les pattes liées, et sont égorgés, avec un couteau parfois si ébréché qu'il fallait cinq minutes avant que l'animal perde conscience.

La campagne de PETA a eu pour résultat que de grandes compagnies comme Marks & Spencer, Nordstrom, Wolverine, Eddie Bauer, Travel 2000, Timberland, L.L. Bean, Gap Inc., J. Crew, Clarks, Florsheim, Caterpillar et Harley Davidson pour leur département chaussures, ont refusé tout cuir en provenance de l'Inde. Ce qui a eu pour effet une perte de 1,26 milliards de roupies pour le commerce indien du cuir. Le gouvernement a alors promis de prendre les mesures nécessaires pour faire cesser toutes ces cruautés mais a demandé un délai. PETA, faisant confiance, a accordé un délai d'un an. Mais aucune mesure n'a été prise. PETA a donc relancé sa campagne.

Ce trafic va à l'encontre des lois indiennes. En Inde, comme ailleurs, il y est encore plus difficile de faire appliquer les lois que de les obtenir...
Il ne reste donc que l'action de l'opinion publique. PETA suggère d'écrire, courtoisement, au Premier ministre indien :

ATAL BIHARI VAJPAYEE
Prime Minister of India
7 Race Course Road
NEW DELHI 110001
INDE


et que l'on essaie de se renseigner sur la provenance du cuir que l'on achète, si tant est que l'on continue d'en acheter, alors qu'il existe de belles et solides alternatives.

Dévi SCHNEITER

(Réf.: Animal Times, Automne 2001)

 

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