Bien qu'on ait tenté de l'intellectualiser en un combat du bien (l'habit de "lumière") contre le mal (la noirceur du taureau), la corrida reste un spectacle de mort et de souffrance, un acte entièrement gratuit que rien ne nécessite ni ne justifie, si ce n'est la jouissance morbide à ressentir en soi la pulsation de ses plus bas instincts. Le comble de l'immoralité est atteint par la mise en place d'écoles de tauromachie, destinées à former les jeunes "talents". Il en existe plusieurs en France, dont le Centre de Formation à la Tauromachie (C.F.T.) de Rodilhan, à côté de Nîmes. C'est dans de tels endroits que l'on enseigne à des enfants, parfois dès l'âge de 9 ans, le soi-disant art de tuer dans les arènes ; pour les rendre meilleurs, peut-être ? C'est vraiment faire preuve d'une perversion peu commune. On peut lire dans le Que sais-je n°568 (Ed. P.U.F.) consacré à la corrida : "L'apprentissage des enfants à l'effusion de sang est une violation des droits de l'enfant, car la mise à mort d'un être vivant et sensible est considérée par des biologistes spécialistes de la violence (Pierre Karli) et par des neuropsychiatres (Didier Duché) comme un traumatisme définitif."
Néanmoins, certains médias font de la
publicité pour les écoles taurines, dans l'inconscience la plus
totale de ce qui peut en résulter pour les enfants ou les
adolescents qui y participent : "(...) le C.F.T., pour
toucher encore plus d'aficionados, se propose d'organiser, dans
chaque commune du Gard ou de l'Hérault qui le désirerait, une
classe pratique. Au cours de celles-ci, deux vaches seraient
toréées en simulacre et deux jeunes taureaux mis à mort par
des élèves ayant franchi le cap de la capéa, sous la direction
d'un professionnel et d'un responsable du Centre. Une initiative
intéressante et originale puisqu'à chaque fois les élèves du
C.F.T. seront opposés à des élèves d'une autre école de
tauromachie, française ou espagnole." Quotidien Le
Midi Libre - 19 avril 1997.
André Méry
NON LA CORRIDA N'EST PAS UN ART !
Au mois de juillet 1997 s'est célébrée, à la place de taureaux de Ronda (Malaga), la représentation d'une version spéciale de l'opéra "Carmen" par la compagnie "La Cuadra" mis en scène par Salvador Tavora. Pendant la représentation de ce spectacle, il y a eu une interruption durant laquelle on a toréé et tué un taureau, à cheval. Salvador Tavora est le directeur et propriétaire de la compagnie "La Cuadra" de Séville. Pendant sa jeunesse, il a eu beaucoup de relations avec le monde de la tauromachie et maintenant, il aspire à lier l'art de la danse avec la brutalité de la corrida. En juillet 1997, l'association ADDA (association espagnole pour la défense des droits de l'animal) a protesté devant le maire de Ronda et le Ministre de la Culture, Mme Esperanza Aguirre, sans résultat satisfaisant car le taureau a été tué. Les critiques des journaux ont été assez négatives. Malgré tout, il y avait quelques passages qui favorisaient M. Tavora. Les critiques ont surtout reproché l'interruption de la danse à cause de la corrida. La compagnie "La Cuadra" de M. Tavora recevait, en plus, des subventions du Ministère de la Culture qui lui ont depuis été retirées. L'ADDA, sans en avoir la certitude, espère que c'est suite à leurs protestations.
Le 24 juillet 1998, cette version de l'opéra "Carmen" sera représentée aux arènes de Barcelone, place Monumental. Encore une fois, il est question de tuer un taureau. A Barcelone, et dans toute la Catalogne, la plupart des citoyens (92%) refuse la cruauté des corridas. L'ADDA soupçonne que cette tentative d'inclure la mort d'un taureau au milieu de la représentation soit soutenue par le puissant groupe de pression de la tauromachie. L'ADDA et la FEDAN (fédération pour les droits des animaux et de la nature) ont commencé une campagne de protestation pour empêcher la mort du taureau. Chaque jour, ces organisations reçoivent des centaines de signatures soutenant leur cause. Le même spectacle, incluant la mort d'un taureau, par des exécuteurs à cheval, est prévu aux arènes de Nîmes le 21 juillet prochain. L'ADDA lance un appel pour organiser de toute urgence une campagne de protestation populaire suffisamment importante pour empêcher ces représentations tauromachiques.
Ce que vous pouvez faire : écrivez votre mécontentement au Ministère de la Culture et au maire de Nîmes. Informations transmises par ADDA - c/Bailen -164, local 2 - 08037 Barcelona - ESPAGNE.
En cette période estivale durant laquelle, comme chaque année, seront torturés et sacrifiés des milliers de taureaux dans les arènes du sud de la France, nous soutenons l'association Talis (nouveau nom d'Æqualis) qui lance une campagne anticorrida. Lu dans leur journal Animaction : "... la tauromachie ne subsiste financièrement que grâce à ceux qui "vont voir", même s'ils sont écurés de leur première et dernière visite. Notre message est simple et il peut être compris par beaucoup : "C'est la curiosité qui tue le taureau". Cela doit nous permettre de dérégler le fragile équilibre économique de la tauromafia. En effet, les arènes sont souvent loin d'être pleines et la rentabilité fréquemment hasardeuse ou médiocre - voire négative ! - pour nombre de "spectacles"... Æqualis Alsace a organisé une série de manifestations et réalisé "Minotaure", un taureau carnavalesque qui a séduit petits et grands. Sans oublier les médias ! Certes, les Alsaciens ne risquent pas de voir les corridas s'implanter chez eux, mais ils descendent souvent vers la Méditerranée en été, risquant alors de se laisser tenter par un spectacle encore plus vil et barbare qu'ils ne l'imaginent bien souvent. Talis lance une pétition pour encourager les touristes à ne pas séjourner dans les villes françaises qui organisent des corridas : Béziers, Arles, Nîmes, Dax, Saint Sever, Bayonne, Vic Fezensac, Ceret, Alès, Floirac.
Pour tout renseignement sur cette campagne et pour commander des tracts, pétitions, autocollants: Talis - 12, rue du Fief 92100 Boulogne-Billancourt. Nîmes : manifestation anti-corrida organisée par l'A.S.A.C. (Alliance pour la Suppression Absolue des Corridas). Rassemblement prévu le 12 septembre 1998, face à la gare. Nous espérons qu'il y aura encore plus de participants cette année, pour exprimer notre indignation face à la cruauté. Les pétitions de Talis seront remises à la mairie de Nîmes, à l'occasion de cette manifestation.