ENFANTS VÉGÉTARIENS
Enfants
  1. Alimentation végétarienne des enfants (Docteur Luciano Proietti)
  2. Position officielle de l’Association Américaine de Diététique
  3. Entre nous (témoignage de L. et M. Reisler)
  4. Sevrage végétarien (témoignage)

Articles extraits du Journal Alliance Végétarienne n° 56 - Juin 1999

Alimentation végétarienne des enfants

Le thème que je traiterai ici est l’alimentation végétarienne des enfants dans les trois premières années de la vie. Pourquoi les trois premières années ?

  1. Parce que c’est la période de la vie durant laquelle l’homme devrait être naturellement végétarien.
  2. Parce que l’enfant est totalement dépendant des lois que lui imposent sa famille et qu’il ne peut les transgresser.
  3. Parce que, pendant cette période, sont commises de graves erreurs nutritionnelles dont les conséquences peuvent persister toute la vie.

Je vous soumets ici une proposition alimentaire dont les principales étapes sont les suivantes :

  • Allaitement au sein maternel exclusivement, jusqu’à l’âge de 6 /12 mois et prolongation jusqu’à 2 /3 ans avec possibilité de compléter par des protéines d’origine animale.
  • Introduction progressive d’autres aliments à partir de 6 /12 mois : utilisation des graines, des fruits, des feuilles et des racines.
  • Introduction ponctuelle de sous-produits animaux ( oeufs, lait, fromage ) à l’âge de 12 /18 mois ( si on continue l’allaitement au sein ), puis quotidienne à l’âge de 2/3 ans ou au moment du sevrage.

Les erreurs qu’un parent végétarien peut commettre à l’égard de son enfant dans les trois premières années de la vie sont les suivantes :

  1. Proposer une alimentation végétarienne, ou pire végétalienne, en l’absence de lait maternel, avec des risques de carence en fer, zinc, calcium, vitamine B12, vitamine D ayant pour conséquences l’anémie, le rachitisme, des problèmes de croissance et des dommages neurologiques pouvant aller jusqu’à la paralysie. L’allaitement au sein maternel prolongé évite tous ces risques.
  2. Exagérer la consommation de laitages ( lait animal, fromages ) pour compenser le manque de viande.
  3. Exagérer l’usage des céréales complètes avec pour conséquence des problèmes d’assimilation et de fonctionnement intestinal.
  4. Imposer au lieu de proposer une pratique alimentaire consécutive à un choix d’origine philosophique ou religieux, sans tenir compte des besoins physiologiques de l’enfant.

Je conclurai de cette façon : l’alimentation n’est pas et ne peut pas être une science exacte. Elle présente des implications sociales, culturelles, anthropologiques. Ne faisons pas l’erreur de nous considérer comme les détenteurs de la vérité.
Traitons avec humilité et ouverture celui qui ne pense pas comme nous, car de lui peuvent nous venir des suggestions fort utiles pour mener une vie saine et heureuse.

Docteur Luciano Proietti.

Article extrait de "L’Idea Vegetariana" - Revue de l’Association Végétarienne Italienne AVI (Juin 1996)
Traduction Christine Erard.

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Position officielle de l’Association Américaine de Diététique

(A.D.A.: American Dietetic Association)

Les régimes végans ou lacto-ovo-végétariens bien conçus sont appropriés à tous les âges de la vie, y compris durant la grossesse et la lactation. Ces régimes bien planifiés satisfont aux besoins nutritionnels des nourrissons, des enfants, des adolescents, et favorisent une croissance normale. Les carences ont toutes les chances de n'être observées que dans des populations suivant des régimes très restrictifs.

Tous les enfants végans (végétaliens) devraient bénéficier de sources fiables de vitamine B12 et, si l'accès au soleil est limité, de suppléments en vitamine D ou d'aliments enrichis. Les aliments riches en calcium, fer et zinc devraient être privilégiés.

Des repas et des en-cas fréquents, ainsi que l'emploi de certains aliments raffinés ou riches en matière grasse peuvent aider les enfants végétariens à satisfaire leurs besoins en énergie. Les recommandations pour les supplémentations en fer ou vitamine D et pour l'introduction des aliments solides sont les mêmes pour les nourrissons végétariens ou non-végétariens. Quand arrive le moment d'introduire des aliments riches en protéines, les nourrissons végétariens peuvent prendre de la purée de tofu, du fromage blanc, et des légumineuses réduites en purée.

Les nourrissons végans nourris au sein devraient recevoir un apport en vitamine B12 si l'alimentation de la mère n'est pas supplémentée, et en vitamine D si l'exposition au soleil est insuffisante.

 

Entre nous (témoignage de L. et M. Reisler)

"Nos deux filles, Elsa et Chloé sont végétariennes de naissance.

Grossesses et accouchements se sont passés sans problème. Elles ont bu le lait de leur maman respectivement jusqu’à 10 et 12 mois. Après ce bon départ, elles ont poussé sans difficulté, pas de maladie, seulement quelques rhumes de temps en temps. Elles ont eu aussi un développement intellectuel satisfaisant puisque toutes les deux ont une classe d’avance.

Âgées de 11 et 13 ans maintenant, elles n’ont jamais pris d’antibiotiques et ne vont voir le médecin que pour obtenir un certificat médical pour le sport ! Leur alimentation est ovo-lacto-végétarienne et nous les laissons manger ce qui instinctivement les attire (en les encadrant, bien sûr !). Le menu type est le suivant : crudités avec pain et pâté végétal ou fromage ; céréales ou/et légumineuses avec légumes cuits ; yaourt ou crème soja ou fruits.

Au cours de ces années, la variété a été la clé de leur alimentation bien qu’il n’ait pas toujours été facile de leur faire manger légumes et crudités... Socialement, elles n’ont eu aucune difficulté, les invitations chez les copines n’ont pas manqué et les colos, classes vertes et séjours linguistiques n’ont jamais posé de problèmes non plus, en prévenant à l’inscription. Nos deux filles se sentent très concernées par le sort des animaux et en parlent autour d’elles. Et il faut dire qu’elles réussissent à sensibiliser ou convaincre leurs amies... qui réclament souvent de manger végétarien à leurs parents, après être venues chez nous !"

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Sevrage végétarien (Témoignage)

Quand j’ai eu ma fille, il y a dix sept ans, la première étape a été évidemment celle du sevrage. De mon point de vue de végétarienne convaincue, j’avais et j’ai encore aujourd’hui la certitude que le passage du lait maternel à l’alimentation solide devrait être végétarien pour tous les enfants.

Chaque maman devrait apprendre à observer son enfant et à s’adapter à ses goûts, mais malheureusement cela arrive trop rarement et on impose aux enfants une alimentation carnée.

J’ai voulu que ma fille soit végétarienne. A l’époque et aujourd’hui encore, on m’a dit que j’avais imposé à ma fille un tel type d’alimentation, mais je ne suis pas de cet avis : je lui ai fait partager mon mode de vie et mes choix comme le font tous les parents, mais avec le plus grand respect de ses exigences.

Combien d’enfants choisissent de manger de la viande ? Aucun ou très peu. Les parents imposent cet aliment aux enfants qui le refusent bien souvent, et ceci uniquement par peur. La peur de ne pas donner une alimentation appropriée et bien équilibrée prend souvent le pas sur leur bon sens et c’est de cette manière que les enfants apprennent à se nourrir de viande.

Mon expérience me confirme le choix que j’ai fait il y a dix sept ans. Ma fille est toujours végétarienne. Quand elle avait trois ans, elle refusait d’entrer dans un restaurant où on faisait griller de la viande et elle se mettait à pleurer parce qu’elle ne supportait pas cette odeur.

Le passage de l’alimentation lactée à l’alimentation solide est un problème pour toute mère. Pour moi au contraire, ça a été facile parce que j’utilisais des produits biologiques et que j’avais toute confiance. J’étais la seule à préparer des bouillies avec du bouillon de légumes frais (pommes de terre, oignons, courgettes, herbes aromatiques) et le plus souvent de la farine de riz. J’alternais une bouillie de riz avec une bouillie aux cinq céréales, une bouillie de riz avec une de blé et ainsi de suite. L’huile, naturellement était extra vierge et biologique

La petite mangeait avec nous, ayant ainsi accès à d’autres aliments qui la tentaient et qu’elle dégustait, me donnant ainsi la possibilité de comprendre ce qui lui plaisait. Evidemment, nous faisions attention à ne manger que des choses qui ne puissent pas lui faire de mal et nous nous fiions aux conseils d’une pédiatre, laquelle nous indiquait les doses de nourriture appropriées et contrôlait le poids de l’enfant.

Je n’ai jamais eu aucun problème, et quand ma fille a eu trois ans, la pédiatre m’a demandé quels aliments j’avais utilisé parce que les résultats étaient plus que satisfaisants. Outre les produits biologiques sains et frais, les "aliments" qui me semblent les plus importants pour tous les enfants sont : l’amour, la compréhension, la sérénité, la joie de vivre et enfin le dialogue. Chaque enfant a droit à ces aliments et chaque adulte a le devoir de les lui donner.

Donner de la viande à des enfants signifie les faire participer à une souffrance et à une violence envers les animaux qu’ils auraient probablement refusées s’ils avaient pu choisir. Nous autres adultes avons perdu cette divine sagesse que seuls les petits possèdent en vertu de leur "absence d’éducation", éducation que nous avons la prétention de vouloir leur inculquer.

Carmen

Article extrait de "L’Idea Vegetariana" - Revue de l’Association Végétarienne Italienne AVI (Juin 1996)
Traduction Christine Erard.

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