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médecine officielle découvre petit à petit et par ses méthodes préférées - l'expérimentation sur l'animal - ce que les végétariens savent déjà depuis longtemps : le meilleur moyen de combattre l'installation de l'ostéoporose est de suivre un régime végétarien. Le Quotidien du Médecin du 23 septembre 1999 titre ainsi sur une pleine page : " Ostéoporose : les oignons et d'autres végétaux auraient un puissant effet protecteur ". Passons sur l'évidente contradiction entre l'hypothétique (" auraient ") et le catégorique (" puissant ") : le conditionnel pourrait s'employer pour un effet faible qui demanderait encore confirmation, alors qu'un effet qui apparaît puissant n'est pas douteux et demande par conséquent le présent... Quoi qu'il en soit, l'article fait référence à la revue anglaise Nature de la même date, où sont rapportées des expériences décrivant l'influence de certains végétaux sur le métabolisme osseux des rats. Inutile de préciser ce que sont devenus les rats dont se sont servis les chercheurs pour enfoncer des portes ouvertes. Mais, bon, cela ne doit pas nous empêcher d'écouter ce qu'ils ont à dire. Que dit l'article du Quotidien ? Tout d'abord que les oignons apparaissent en première ligne du combat contre l'ostéoporose : " Les résultats montrent, par exemple, que la consommation quotidienne de 1 g d'oignon déshydraté pendant quatre semaines accroît le contenu minéral osseux de 17,7 % ". Mais aussi que les oignons ne sont pas les seuls à avoir un effet protecteur : " Au total, ce sont quatorze végétaux habituellement mangés par les humains qui peuvent inhiber la résorption osseuse [c'est à dire la décalcification] ". Et qui plus est, que les effets s'ajoutent lorsque sont consommés des mélanges de ces végétaux (parmi lesquels, outre l'oignon, l'article du Quotidien cite deux variétés de persil, la laitue, la tomate, l'ail, le concombre, le fenouil) ; c'est important pour le statut des salades composées. |
Tout aussi intéressante est la remarque suivante : " En revanche, on ne note pas d'inhibition de la résorption osseuse par les haricots ni par des produits d'origine animale. Même le lait en poudre n'a pas d'effet significatif, bien que contenant 1, 29 % de calcium ". Aïe ! Tant pis pour les haricots, il n'y a pas que ça dans une vie de végétarien ; mais tant pis surtout pour le mythe du lait, que l'on nous présente partout comme étant la panacée en matière d'apport calcique. Bien sûr, ni le rédacteur de l'article ni les chercheurs de Nature ne se hasardent dans leur conclusion à évoquer le mot tabou de végétarisme ; ils attendent, disent-ils, une confirmation de leurs résultats sur les humains : " S'il se produit la même chose chez les humains, alors le fait d'inclure ces végétaux dans l'alimentation quotidienne pourrait être un moyen efficace et peu cher de faire baisser l'incidence de l'ostéoporose ". Pas possible ? ! Faudra-t-il expérimenter sur le porc, le chien et le singe pour en être sûr ? C'est incroyable cette manie de passer systématiquement par l'animal pour se prouver ce que des études comparatives entre végétariens et non-végétariens ont déjà directement montré (voir par exemple le Cahier d'Alliance Végétarienne numéro 1, Végétarisme et questions de santé). Enfin, la morale de cette histoire, c'est qu'on finira bien par être obligé de les accepter, les bienfaits du végétarisme, et même dans le monde de la médecine expérimentale... ! André Mery |
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