Vitamine D (calciférol)

La vitamine D est essentielle au maintien de l’équilibre phosphocalcique de l’organisme.

  • Elle facilite l'absorption du calcium et du phosphore dans l'intestin grêle.
  • La carence en vitamine D conduit chez le nourrisson ou l'enfant au rachitisme, chez l'adulte à l'ostéomalacie (ramollissement des os).
  • Elle accroît la mobilisation de ces minéraux à partir des os.
  • De fortes doses de vitamine D entraînent une décalcification du tissu osseux.
  • Elle agit sur les reins en augmentant la réabsorption rénale du calcium et du phosphore.

Ces processus servent à maintenir les concentrations sanguines de calcium et de phosphore à des niveaux essentiels pour une activité neuromusculaire normale et une minéralisation satisfaisante des os. Il n’y a pas d’évidence que la vitamine D intervienne directement dans la minéralisation des os ; elle agit plutôt en assurant les concentrations adéquates de calcium et de phosphore nécessaires à la formation du tissu osseux.

     Il existe 2 formes fondamentales
     de vitamine D :

D2 (ergocalciférol) : présente chez les champignons et levures.

D3 (cholécalciférol) : synthéthisée chez les animaux.

 

Mécanismes de production :

- La vitamine D2 est synthétisée dans les champignons et levures sous l’action du rayonnement ultraviolet ; quand elle est absorbée par un animal, elle est convertie en vitamine D3 par certaines cellules du foie.

- La vitamine D3 est normalement synthétisée sous l’action du rayonnement ultraviolet par les cellules de l’épiderme, à partir d’un dérivé du cholestérol ; elle est ensuite transformée en sa forme active par le foie (calcifédiol) puis par les reins (calcitriol).

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A noter : les animaux marins obtiennent essentiellement leur vitamine D par la prédation, en particulier sur les phyto- et zooplanctons, qui la synthétisent sous l’action des UV solaires.

La production de vitamine D3 varie selon les saisons et les latitudes : La longueur d’onde efficace est celle des UVB : de 300 à 320 nanomètres. La pigmentation de la peau limite la synthèse endogène de vitamine D3 en freinant la pénétration des UV à travers le derme.

Latitude

Mois de production nulle ou quasi-nulle de vitamine D3

Sept.

Oct.

Nov.

Déc.

Janv.

Févr.

Mars

Avril

34° N

(aucun)

42° N

   

52° N

       

61° N

           

……

ç

           

è

  • La peau des personnes âgées fabrique environ deux fois moins de vitamine D3 que celle des personnes plus jeunes.
  • Tandis qu’une personne à la peau claire requiert simplement de 10 à 15 min. de soleil par jour, les personnes à la peau très pigmentée requièrent une exposition quotidienne de 30 min. à 1 h, pouvant aller jusqu’à 3h selon la densité de pigmentation.
  • Les bébés requièrent une exposition du visage et des mains au soleil pendant au moins 2 h / semaine, et davantage si leur peau est sombre.
  • Toutefois, un soleil brillant n’est pas nécessaire ; même un ciel nuageux en été peut stimuler la formation de vitamine D3 dans la peau.

La carence en D3 est essentiellement une carence d’irradiation solaire : la plupart des personnes, y compris les enfants ne nécessitent pas ou quasiment pas de supplémentation par l’alimentation.

Apports recommandés : Les apports recommandés ne sont pas exactement connus et varient d’une référence à l’autre. Le tableau suivant indique des plages de valeurs en µg/jour de D3.

 

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

   

0-3 ans

                           

7,5 15

3-7 ans

                           

5-10

7-50 ans

                           

2,5-10

+ 50 ans

                           

5-10

Grossesse Allaitement

                           

10

Conseils usuels :

  • Le lait maternel ne contenant pas toujours une quantité adéquate de vitamine D (si la mère ne consomme pas de produits enrichis ou ne s’expose pas assez au soleil), on recommande des suppléments aux femmes allaitantes, quel que soit leur type d’alimentation. Ceci est particulièrement important durant les mois d’hiver sous les hautes latitudes ( > 52° N).
  • De même on recommande pour les enfants nourris exclusivement au sein une supplémentation de 10 µg / jour dès la naissance. Dans les régions de faible ensoleillement, il est préférable de continuer la supplémentation des enfants pendant les mois d’hiver jusqu’à l’âge de 4 ans.
  • Il faudrait au moins inclure des suppléments de vitamine D ou des aliments enrichis dans l’alimentation des nourrissons sevrés pendant les mois d’hiver.

Carences en vitamine D :

Elles sont particulièrement graves chez les prématurés, les nourrissons, et les jeunes enfants jusqu’à l’âge de 3-4 ans (qui est la période de croissance rapide). Elles conduisent à :

  • A une absorption intestinale du calcium défectueuse et une utilisation cellulaire amoindrie.
  • A des lésions dans les cartilages de croissance et un ralentissement de celle-ci, conduisant au rachitisme dans les formes sévères, et à des déformations du squelette dans les formes légères.
  • A un possible retard de développement mental.

A noter : les manifestations sévères de carence sont devenues rares et sont rapidement remédiables ; quelques cas isolés de rachitisme ont été signalés dans la littérature médicale concernant de jeunes enfants végétaliens à peau fortement pigmentée.

Quelques cas à risque :

Manque d’irradiation solaire Affections diverses
  • Personnes vivant sous les hautes latitudes.
  • Jeunes enfants sortant peu ou trop couverts.
  • Personnes âgées vivant renfermées.
  • Insuffisance rénale chronique.
  • Atteintes diverses du foie et des reins.
  • Certains traitements prolongés (par exemple anticonvulsivants et cortisoniques).

 

Attention : Les excès de vitamine D sont nocifs et peuvent conduire à diverses pathologies :

  • Décalcification des os entraînant des dépôts calciques dans les tissus mous, notamment reins et parois vasculaires.
  • Perte d’appétit, perte de poids, nausées, maux de tête, dépression, etc.

Où trouver de la vitamine D  :

La D3 se trouve uniquement dans certains produits animaux (poissons gras, œufs, produits laitiers). Les sources végétales de D2 sont insuffisantes, sauf si les végétaux ont été irradiés.

  • Pour les végétariens (outre l’ensoleillement) :

Lait

Beurre

Jaune d’œuf

Yoghourts et fromages ne contiennent pas de vitamine D

0,2 – 1 µg / 100 g

0,5 – 2 µg / 100 g

4 – 10 µg / 100 g

  • Pour les végétaliens :

Produits enrichis (à vérifier dans chaque cas) ; par exemple :

    • Laits de soja : autour de 1 µg / 100 mL.
    • Margarines : autour de 7,5 µg / 100 g.
    • Céréales de petit-déjeuner : variable.

Ensoleillement suffisant.

Suppléments vitaminiques.

Attention : Les végétaliens doivent s’assurer que la vitamine D utilisée dans les produits enrichis et les suppléments vitaminiques est de la vitamine D2, synthétisée par irradiation UV des ergostérols de levures ou de champignons. Autrement, il s’agit de D3 d’origine animale (extraite par exemple d’huiles de poisson).

A noter : Il existe de nombreux laits de soja en poudre permettant de suppléer à l’allaitement maternel ; leur contenu en vitamine D est généralement de 1,1 µg / 100 mL de lait reconstitué ; compte tenu des quantités de lait recommandées, l’apport va de 5,5 µg par jour dès la naissance jusqu’à 11 µg par jour à partir de 6 mois.

 

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