International Vegetarian Union (IVU)
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Pourqoi sans viande ?
Conférence du Dr. phil. Ljuba Macovicka (photo ci-dessous), donnée au 5ème Congrès Végétarien Européen , Bratislava, Slovaquie.
Extrait de EVU News, numéro 1, 1996

 

[image: Dr.phil. Ljuba Macovicka] Chers amis végétariens !

J'entends souvent cette question :"quels sont les principaux avantages du végétarisme ?"

J'aimerais y répondre de mon point de vue - du point de vue d'une habitante d'un petit pays dans lequel on ne pouvait ni parler ni écrire sur ces sujets depuis un demi-siècle, et où les conditions nous étaient extrêmement défavorables, à cet égard.

Toutefois, nous avons tenu bon. Dans de telles circonstances, vous pourriez assurément parler de désavantages au lieu d'avantages. Mais nous nous sommes consolés avec la phrase bien connue de George Bernard Shaw: "Plutôt la mort que le cannibalisme". La situation a cependant changé depuis que nous avons de nouveau ouvert notre pays au monde il y a 5 ans.

Maintenant nous avons la liberté d'expression et de la presse, et nous pouvons enfin publier nos livres et magazines concernant le végétarisme. Comparativement avec le reste du monde, nous sommes pourtant restés en arrière et nous devons nous démener pour rétablir le contact. En tout premier, nous voulons nous demander pourquoi une personne devient végétarienne?. Il existe différentes raisons qui pourraient se résumer ainsi :

  1. - éthiques
  2. - hygiéniques - prophylactiques et thérapeutiques
  3. - économiques - écologiques et
  4. - des raisons de mode

Chacune de ces raisons pourrait être le thème d'une conférence.

Il y a des années, je demandai à un musicien célèbre, connu pour avoir vécu 16 ans de végétarisme strict, pourquoi il était devenu végétarien et pourquoi il avait cessé. Il répondit laconiquement, à la première question: "pour des raisons éthiques" et à la seconde: "pour des raisons sociales".

Pour ce que je savais de lui, il était clair qu'il était toujours végétarien à son domicile, mais qu'il avait évidemment de grandes difficultés pendant ses fréquentes tournées en rapport avec son activité artistique.

Entre-temps, je rencontrai plusieurs personnes qui avaient décidé de vivre sans viande pour se débarrasser de différents problèmes de santé tels que : début d'arthrite de la hanche, rhumatisme grave, ou eczéma persistant. Elle mangeaient, exclusivement ou presque, des végétaux crus et obtinrent des résultats positifs. Comment aurait-il pu en être autrement ?

Pour terminer, il y a encore un groupe remarquable de protecteurs d'animaux et de la nature, dont plusieurs essayent de vivre en végétariens. Ils le font sans prendre conscience que beaucoup d'aliments pourraient être mieux utilisés et plus efficacement au lie d'être gaspillés pour nourrir le bétail. Les raisons écologiques ne sont pas seulement liées à l'économie, mais aussi au point de vue éthique, et ainsi la boucle des motivations est bouclée. Tout cela pour dire "tout est lié". Comme je l'ai déjà dit, il y a encore une raison devant être mentionnée, il s'agit bien sûr de la mode. Le végétarisme, dont on n'avait pas entendu parler pendant des années, est relativement nouveau et, pour cette raison, est devenu actuellement très attractif. Les gens espèrent avoir une silhouette élancée et préserver une apparence jeune. L'avenir nous dira qui de ces nouveaux nés végétariens le resteront jusqu'au bout.

Un jour, à la télévision, on me demanda :"Comment devient-on végétarien?". J'avais déjà réfléchi à ce sujet auparavant et je répondis : ''vous êtes né végétarien !''. Cependant, je ne voulais pas dire que l'on doit être végétarien depuis la naissance. L'être humain est un être incommensurablement compliqué. Dans son subconscient sont mémorisées la connaissance et les expériences de milliers de générations. Seules les connaissances et les expériences cruciales dominent.

Il y a des individus qui viennent au monde avec certaines prémisses, comme le dégoût de vivre de cadavres d'animaux. Bien des gens essayent inconsciemment de trouver une fa&ccedill;on de vivre qui ne dépende pas d'une constante effusion de sang et du tourment d'innocentes créatures. S'ils ont suffisamment de courage pour s'opposer à la lâcheté générale, et de détermination pour supporter certaines restrictions sociales, souvent un petit choc peut les faire changer d'habitudes.

Beaucoup d'enfants naissent avec un dégoût inné pour la consommation de viande. L'abattage et la vue du sang leur provoquent une sensation d'horreur. C'est exactement le symptôme qui distingue les jeunes frugivores des jeunes carnivores. Les enfants sensibles ne peuvent supporter la pensée de manger la chair de leurs compagnons de jeux à poils ou à plumes. Leurs parents ont de gros problèmes pour savoir comment surmonter pédagogiquement la contradiction entre l'apprentissage de l'amour envers toutes les créatures, et la nécessité de tuer les animaux, de les cuire et de les manger.

Un rapide regard en arrière dans l'Histoire nous montre que, depuis les temps anciens, chaque période a eu ses réformateurs, penseurs et prophètes qui disaient aux gens comment ils devaient vivre. Les fondateurs des religions apportèrent leurs expériences intérieures et extérieures, non seulement par des prescriptions et rituels religieux, mais aussi par les coutumes et l'hygiène de vie de chaque jour.

Depuis les temps anciens, nous connaissons les noms des plus importants docteurs dont les expériences et le savoir sont basiquement en accord avec les résultats de la recherche actuelle. Toutefois, tous étaient plus ou moins de simples personnalités, et leur savoir n'avait pas suffisamment de valeur pour la science officielle. Les gens éduqués les considéraient comme non scientifiques. Malheureusement, les preuves accumulées de l'exactitude de leurs travaux ne survinrent qu'au moment où ils firent l'objet d'une documentation scientifique sérieuse au début de notre siècle.

Comme on ne peut les citer tous au cours d'une courte conférence, je mentionnerai seulement deux des plus connues de ces personnalités, qui eurent le courage de se dresser au nom de la vérité.

Le premier fut le docteur danois Mikkel Hindhede, qui réfuta le dogme de la protéine avec précision. Il sauva le Danemark, menacé de famine par le Blocus pendant la Première Guerre Mondiale, par l'interdiction d'élever des porcs, rendant les produits destinés à nourrir ces animaux disponibles pour les habitants. Les Danois furent seulement autorisés à cuisiner du pain complet à travers tout le pays. Le résultat de cette mesure fut surprenant : subitement, il y eut assez de nourriture pour tous, les maladies et le taux de mortalité reculèrent de fa&ccedill;on saisissante, et les docteurs se plaignirent du manque de travail. Malheureusement, les étudiants en médecine n'entendent pas parler de cette expérience, que nous pouvons citer comme une expérience pleinement réussie sur une population de 3 millions d'habitants .

Le second est notre végétarien classique, le docteur suisse Max Bircher-Benner, pionnier du régime blé complet et végétaux crus. Des résultats convaincants de ses observations et de ses traitements sont rapportés dans de nombreuses publications. Néanmoins, il fut toujours considéré comme un "outsider". Il fut suivi par beaucoup d'autres. Leurs connaissances augmentèrent et se spécialisèrent. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ils commencèrent l'étude scientifique de l'influence finale de l'alimentation sur la santé, basée sur des rapports statistiques de différents pays. A la vue de leurs preuves irréfutables, même les adversaires les plus obstinés du végétarisme baissèrent les bras, ceux-là même qui, depuis des années, essayaient de nous convaincre que l'on ne peut vivre sans viande, et que notre état de santé est dépendant de la quantité de protéines animales dévorées. Nous sommes déjà habitués au fait que chaque progrès prévaut très lentement. Toute chose nouvelle provoque en général une puissante vague de réactions.

Les gens ne sont pas disposés à changer quoi que ce soit dans leurs habitudes : pour chaque chose ils trouvent immédiatement des arguments et des explications qui sont habituellement bien loin de la vérité. Leur raisonnement, en général, poursuit un seul but: trouver les arguments afin qu'ils puissent continuer à croire à ce qu'ils croyaient jusqu'alors.

L'information commune de tous ces scientifiques est régulièrement que, dans l'intérêt de la santé en général, comme pour le salut de la planète, il est absolument nécessaire de se convertir à l'alimentation végétale. Il est prouvé que la viande est impropre pour les êtres humains. Il y eut même des populations entières qui n'utilisaient, pour leur subsistance, ni viande, ni même des produits laitiers. Il y a seulement quelques siècles, la partie prédominante de la population européenne (90-95%) vivait à la campagne et se nourrissait plus ou moins d'un régime naturel, végétal. La viande était réservée à une petite société féodale qui, à cause de ce style de vie, souffrait de dégénérescence physique et mentale.

La consommation de viande - sans parler de la consommation d'alcool - a fortement augmenté et est devenue accessible à toutes les classes sociales. Pendant les années de Communisme, cela fut même soutenu officiellement et élevé au rang de porte-bonheur. Il était considéré que les travailleurs devaient disposer des mêmes droits qui furent précédemment le privilège de la classe gouvernante. Même si les enfants apprennent à l'école que l'alcool et les drogues sont des fléaux de l'humanité, le public ne sait pas que la consommation de viande est très mauvaise pour la santé. Les gens ne soup&ccedill;onnent pas qu'il consomment du poison jour après jour.

La fausse impression que la consommation de viande est inoffensive, est due à ce que les effets frappants n'apparaissent seulement qu'à la deuxième ou troisième génération. Le spécialiste fran&ccedill;ais du poumon, Paul Carton, constata, déjà dans la première moitié du siècle, combien l'état de santé des familles rurales empirait quand elles s'installaient à la ville, après avoir atteint une certaine prospérité, et après avoir adopté les habitudes urbaines, dont une importante consommation de viande. La seconde génération, de ces familles précédemment en bonne santé, souffrait de crises d'arthrites, et dans la troisième génération apparaissait déjà la tuberculose.

Sans doute y eut-il d'autres facteurs qui jouèrent, et que le public est disposé à accepter, tandis que la consommation de viande n'est pas du tout incriminée. En fait, il a déjà été beaucoup écrit sur des observations similaires. Je pourrais également mentionner des cas identiques dans le cercle de mes connaissance ou amis. La première génération qui avait consommé de la viande était assez résistante et vivait plutôt âgée. Ceci est souvent fait remarquer :" vous voyez, il a mangé de la viande toute sa vie, quasiment trois fois par jour, et il a vécu jusqu'à plus de quatre-vingts ans ! ". La seconde génération de telles familles doit déjà lutter contre des maladies qui apparaissent souvent mystérieusement. Dans la troisième génération, si les membres ne changent pas leur mode de vie entre-temps, il y a déjà de vrais infirmes. Je connus aussi d'autres cas: le fils d'un boucher de village s'en sortit par instinct de préservation : il devint végétarien encore jeune. Un autre exemple bien connu de tels retournements est le couple Are et Ebba Waeland. Bircher-Benner, a remarqué que la résistance aux infections peut être affaiblie dés la naissance, à cause d'une mauvaise alimentation de la génération précédente.

Les enfants de parents qui mangent beaucoup de viande, consomment habituellement des plats de viandes régulièrement. Quelques-uns souffrent fréquemment d'indigestion et restent étonnamment maigres, en dépit d'une abondante nourriture. Par contre, d'autres, peut-être même leurs frères ou soeurs, tombent prématurément dans l'obésité. Dans les deux cas, il est évident que leurs glandes fonctionnent mal. Les maladies les plus fréquentes chez de tels enfants sont l'asthme, le rhume des foins, les migraines, sans oublier les maladies du coeur, du foie, des reins et autres maladies ultérieurement. De nos jours, nous avons même des enfants cancéreux, déjà ! De tels patients espèrent, avec une totale confiance, un secours de la "machine à miracle" Médecine, provenant éventuellement d'un pays étranger, les libèrant de tous leurs problèmes. Il y a pourtant un remède "miracle" qui marche: c'est simplement une alimentation naturelle parallèlement à une vie saine. Cela peut redonner la santé au corps et peut créer un nouvel élan vers la vie. Malheureusement, tout le monde n'est cependant pas capable de réaliser et de comprendre ceci.

Les allergies, si souvent débattues, sont liées à une immunité affaiblie, et étaient déjà connues à l'époque de Bircher. Il les appelait "Idiosyncrasies". Selon ses observations, il put affirmer que, là aussi, une mauvaise alimentation contribue aux allergies. Si la personne affectée s'alimentait correctement durant un temps suffisamment long, son hypersensibilité disparaissait. De cette fa&ccedill;on, il a prouvé que nous ne devons pas considérer l'allergène, mais la pollution de l'organisme comme étant la cause. De nos jours, la cause est généralement attribuée à l'environnement pollué. Il y a sûrement là une part de vérité, cependant nous devons prendre comme cause première, même aujourd'hui, l'alimentation anti-naturelle, ce dont nous avons des preuves irréfutables. Nos ancêtres ne savaient pas grand chose sur l'alimentation correcte. Ils avaient au moins l'avantage que leurs aliments ne leur parvenaient' pas dénaturés par des traitements industriels, et que les conditions économiques les for&ccedill;aient à vivre avec modération. L'actuelle société de consommation n'a pas ces avantages. Rien ne limite les consommateurs, et la publicité les trompe afin qu'ils gaspillent leur argent pour des produits inutiles. L'énorme gaspillage de nourriture nous contraint à nous demander quand l'humanité commencera-t-elle à utiliser la nourriture raisonnablement, non dans le sens du profit personnel, mais pour le bénéfice et le bien-être de tous.

Aujourd'hui, notre alimentation est dépourvue de beaucoup d'éléments essentiels, tels que minéraux, métaux, vitamines et enzymes. Elle souffre d'une malnutrition cachée. Les besoins de notre organisme sont très modestes si nous rempla&ccedill;ons la quantité par la qualité. La corrélation entre l'alimentation et les conditions émotionnelles est connue depuis longtemps. Les organes qui ne fonctionnent pas suffisamment à cause d'une alimentation anti-naturelle, deviennent souvent la cause de problèmes psychiques. Habituellement, il y a de légers troubles tels que dépressions, névroses diverses, mélancolie, mauvaise humeur, etc. Les psychiatres disent que la cause primaire est aussi bien l'insuffisance que l'excès d'activité des glandes internes. Ils ont tout à fait raison. Les glandes ne re&ccedill;oivent pas ce dont elles ont besoin, et ne peuvent fonctionner efficacement. Aujourd'hui presqu'un patient sur deux se plaint de nervosité et de stress. La vie moderne demande toujours plus, ce qui ne peut être supporté et surmonté par tout le monde. Les conséquences sont souvent la fuite à travers l'alcool, la drogue, le jeu, le sexe et le crime. Où est la ligne de séparation entre le normal et l'anormal ?

Inconsciemment, nous nous demandons si tout cela ne doit pas être mis en relation avec l'empoisonnement par la nourriture non naturelle et détériorée. Nous pensons à la loi de cause et effet. En tout premier, la principale nourriture traitée, les céréales. Le résultat est l'appétit pour la viande et les graisses, avec l'aide de l'alcool ou de drogues. Comment pourrions-nous expliquer autrement l'inenvisageable augmentation de négativité, d'intolérance, de violence, de débauche sexuelle, d'agressivité, de fanatisme, de destructivité et les absurdes conflits armés qui ont engendré des griefs sans bornes parmi des millions de gens ?

Tolstoï a dit "Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille".

Maintenant nous pouvons revenir à notre première question: quels sont les principaux avantages du végétarisme ? La réponse est très simple: une meilleure santé, une bonne conscience. Il s'ensuivra une paix intérieure, un équilibre émotionnel et la sensation de liberté.

Bien que nous soyons convaincus de notre style de vie, nous rencontrons encore et encore des discriminations, au moins dans notre pays. Cela montre non seulement l'atmosphère sociale, mais aussi la fa&ccedill;on de penser et les stratégies économiques de notre gouvernement. Nos enfants souffrent particulièrement de cette discrimination. Ils ne peuvent aller dans les jardins d'enfants, dans les garderies et ne peuvent participer aux camps de vacances. Ils sont plus ou moins contraints de vivre isolés. Et les adultes ? Aujourd'hui encore, nous avons des problèmes pour nous nourrir dans les hôtels, les pensions, en vacances et dans les stages. Une politique absurde classe les aliments naturels et sains dans la catégorie : "articles luxueux ". Ce qui signifie qu'ils sont alourdis de 25% de T.V.A., tandis que les aliments dénaturés se trouvent dans la catégorie de T.V.A. à seulement 6%. Nous sommes dans une situation où le blé ordinaire est plus cher que la farine. Les jeunes couples qui aimeraient nourrir leurs enfants sainement, sont contraints de leur acheter des sucreries plutôt que des fruits secs et des noix, parce qu'ils n'ont tout simplement pas les moyens d'acheter ces produits sains.

Nous devons vivre dans un environnement détérioré et souffrir de l'agression de gens dont la psyché est perturbée par une alimentation anti-naturelle. Nous ne voulons forcer quiconque à adopter notre style de vie. Cependant, nous ne devons pas oublier notre but, à savoir : changer la conscience sociale, afin que nous ne soyons plus considérés comme des créatures étranges, mais comme des gens conscients et informés.


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