Le Coût
Médical Attribuable à la Consommation de Viande - de EVU News, Numéro 1 /1997 -
RESULTATSHypertension - Maladies cardiaques - Cancer - Diabètes - Maladies de la vésicule biliaire - Surpoids - Maladies d'origine alimentaire - Usage réduit des soins de santé chez les Végétariens - Coûts attribuables à la consommation de viande Un nombre estimé à 62 770 000 d'Américains ont (ou sont traités pour) une pression sanguine élevée, définie comme une pression systolique de 140 mm Hg ou plus et/ou une pression diastolique de 90 mm Hg ou plus. Le coût du traitement de l'hypertension pour l'année 1992 a été estimé comme suit :
Les chercheurs ont tenté d'isoler les effets de l'alimentation sur la pression sanguine et sur la prévalence de l'hypertension en étudiant des populations similaires, excepté pour leur alimentation et à travers des essais contrôlés faits au hasard. La plupart des Mormons évitent le tabac, l'alcool, la caféine, se préoccupent généralement de leur santé, et sont omnivores. Presque tous les Adventistes, comme les Mormons, évitent le tabac, l'alcool et la caféine, mais environ la moitié d'entre eux est omnivore et l'autre moitié végétarienne. Quelques Adventistes omnivores pourraient plutôt être considérés comme semi-végétariens. Dans une étude, moins de 20 % des Aventistes omnivores mangent 85 g ou plus de buf par semaine, et aucun ne consomme plus de 3 plats de volaille ou de poisson par semaine. Une comparaison entre Adventistes végétariens et Mormons omnivores ayant des niveaux similaires d'activité, tous évitant tabac et alcool, montra que les pressions sanguines étaient plus élevées chez les omnivores. Les différences étaient de 8 mm Hg systolique et 6 mm Hg diastolique chez les hommes et 8 mm Hg systolique et diastolique chez les femmes. L'indice de masse corporelle (IMC) des omnivores (25,1 kg/m2) était plus élevé que celui des végétariens (22,9 kg/m2) et il y avait une forte corrélation entre le poids corporel et la pression sanguine. Similairement les pressions sanguines systoliques et diastoliques des Adventistes omnivores se sont trouvées être 3 à 9 et 2 à 3 points plus fortes que celles des Adventistes végétariens. Les consommations de sel, alcool et tabac ne différaient pas entre les deux groupes. Les pratiques d'activité physique n'étaient pas différentes entre omnivores blancs et végétariens blancs, alors que parmi les noirs les végétariens pratiquaient plus d'exercice et étaient moins susceptibles de recourir à des médicaments pour la pression sanguine. Les valeurs d'indice de masse corporelle des omnivores Adventistes (27,4 kg/m2 pour les blancs, 31,4 kg/m2 pour les noirs) étaient plus élevées que celles des végétariens (24,6 kg/m2 pour les blancs, 26,3 kg/m2 pour les noirs). Les ajustements pour l'indice de masse corporelle réduisent mais n'éliminent pas les différences de pression sanguine entre les deux groupes d'alimentation. Des différences similaires ont été trouvées dans des comparaisons d'autres groupes d'omnivores et de végétariens, dans des études contrôlant l'âge, le sexe, et l'activité physique. Des tests aléatoires, contrôlés, ont montré que lorsque des omnivores ayant une tension normale ou de l'hypertension adoptent un régime végétarien tout en gardant les mêmes autres habitudes de vie, leur pression systolique tombe d'environ 5 mm Hg en 6 semaines, indépendamment des changements de poids. Les études de prévalence d'hypertension ont un rapport particulier avec le coût médical. L'hypertension est plus commune chez les omnivores que chez les végétariens. Une étude de 1976 basée sur le suivi de 27.766 Adventistes trouva, après les ajustements pour l'âge, le tabac et l'instruction, le rapport supplémentaire des hypertensions auto-rapportées des omnivores comparativement aux végétariens de 1,75 pour les femmes et de 1,74 pour les hommes (P < 0,001 pour les 2 sexes). L'indice de masse corporel des omnivores (femmes 25,2 kg/m2, hommes 25,7 kg/m2) était plus élevé que celui des végétariens (femmes 23,6 kg/m2, hommes 24,2 kg/m2). Une étude ultérieure d'Adventistes omnivores et végétariens qui ne différaient pas dans leur consommation de sel, tabac ou alcool et dans leur pratique d'activités trouva 37 % d'hypertension médicalement diagnostiquée chez les omnivores contre 14 % chez les végétariens (P< 0,001). Une étude du suivi d'Adventistes montra que parmi les blancs 22 % des omnivores prenaient des médicaments pour la pression sanguine contre 7 % des végétariens, et parmi les noirs 44 % des omnivores contre 18 % des végétariens. Dans ces deux comparaisons la prévalence d'hypertension des omnivores est de 32 % et 41 % respectivement. Lors d'un test aléatoire, contrôle, de 6 semaines de régime végétarien sur des sujets ayant de l'hypertension, 30 % eurent une baisse de tension systolique au-dessous de 140 mm Hg, comparé avec 8 % des sujets qui gardèrent leur alimentation habituelle. Lors d'un test de régime végétalien sur des sujets prenant des médicaments pour l'hypertension, 20 des 26 sujets purent cesser leur prise médicamenteuse pendant un an. Par rapport au début du test, la pression sanguine systolique était plus basse pour 18 sujets, inchangée pour 4 et plus forte pour 4 autres. La pression diastolique était plus basse chez 18 sujets, inchangée pour 3 et plus forte pour 8. Les mécanismes par lesquels un régime végétarien réduit la pression sanguine, en dehors de son effet sur le poids, ne sont pas très clairs. L'effet est indépendant du sel ou de la graisse absorbés et n'est pas totalement dû à la présence ou à l'absence de nutriments ou groupe de nutriments. Les niveaux de différences de pression sanguine qui différencient typiquement omnivores et végétariens peuvent avoir un effet significatif sur le risque de maladie cardiaque. Une réduction de 5 mm Hg de pression systolique pour des hommes entre 55 et 59 ans est associée à une diminution de 7 % des accidents coronariens. Les effets sont même plus importants quand les modifications commencent plus tôt. Une réduction de 5 mm Hg de pression systolique, pour les hommes de 35 ans ou moins, est associée à une différence de 10 mm Hg à l'âge de 65 ans. Une différence de cet ordre entre 64 et 74 ans est associée à une réduction de 14 % du risque d'attaque cardiaque après ajustement pour l'obésité. L'estimation la plus raisonnable de prévalence excessive d'hypertension pouvant être attribuée à la consommation de viande vient des études sur la prévalence d'hypertension des Adventistes décrite précédemment et est comprise entre 59 et 68 %. Une estimation modérée provient du test contrôlé cité ci-dessus. Sur les 30 % de sujets qui revinrent à une pression sanguine normale après le début du régime végétarien, 8 % auraient pu raisonnablement être censés le faire sans changement d'alimentation. Ceci étant le nombre des pressions qui se sont normalisées en restant à un régime sans restriction. Quand il est assumé que 22 à 68 % du coût du traitement de l'hypertension peut être attribué à la consommation de viande, le coût médical annuel correspondant est de 2,8 à 8,5 milliards de $. Un nombre estimé à 6.160.000 d'Américains ont eu des maladies cardiaques coronariennes en 1992, définies comme angine de poitrine et/ou problème d'attaque cardiaque. Environ 45 % des 1.500.000 Américains ayant des attaques cardiaques chaque année ont moins de 65 ans. En 1992, il a été estimé 1.028.000 cathétérismes cardiaques, 468 000 pontages coronariens et 399 000 interventions pour déboucher des artères obstruées. Les pourcentages de ces interventions pour des âges de 65 ans et plus, étaient respectivement de 47,3 53,8 et 48,1 %. D'après l' "American Heart Association", le coût estimé du traitement des maladies cardiaques (toutes formes) en 1992, s'établit comme suit :
Une étude de 1960, sur le suivi de 24.044 Adventistes, trouva un problème de maladie cardiaque (toutes formes) chez 5,1 % des omnivores contre 3,6 % chez les ovo-lacto-végétariens âgés de 35 à 64 ans (P < 0,05), indiquant que 29 % des maladies cardiaques parmi les omnivores pouvaient être considérées en excès. A 65 ans et plus, les chiffres pour les omnivores et les végétariens étaient de 19,1 et 16,2 % respectivement (P < 0,05) soit un excès de 15 % pour les omnivores. Pratiquement aucun sujet n'était fumeur. L'enquête de 1976 sur 27.766 Adventistes trouva des rapports supérieurs de maladies cardiaques coronariennes pour les omnivores par rapport aux végétariens soit 1,46 chez les femmes et 1,33 chez les hommes. Les différences sont significatives pour les deux sexes (P < 0,001). Les différences des taux de mortalité par maladies cardiaques coronariennes entre omnivores et végétariens sont similaires aux différences dans la prévalence des chiffres donnés ci-dessus. Une étude prospective de 20 ans trouva que le risque relatif de décès par maladie cardio-vasculaire parmi les Adventistes non-végétariens était de 1,62 par rapport aux Adventistes végétariens, chez les personnes âgées de moins de 65 ans. Pour les 65 ans et plus, le risque relatif était de 1,26. Similairement, une étude de 12 ans sur les gérants des magasins de produits naturels démontra que tandis que cette population avait un risque inférieur à la moyenne, de décès par maladie cardio-vasculaire , le rapport standardisé de mortalité pour les végétariens (0,428) était 29 % inférieur à celui des omnivores (0,601). Les valeurs significatives de cholestérol étaient plus élevées chez les omnivores (6,12 mmol/litre pour les femmes, 5,78 mmol/litre pour les hommes) que pour les végétariens (5,67 mmol/litre pour les femmes, 5,27 mmol/litre pour les hommes). Les valeurs significatives d'indice de masse corporelle chez les omnivores étaient aussi plus fortes (23,7 kg/m2 pour les femmes, 24,6 kg/m2 pour les hommes) que celles des végétariens (22,3 kg/m2 pour les femmes, 22,1 kg/m2 pour les hommes respectivement). Les données n'ont pas été établies par tranche d'âge. Les ajustements pour les fumeurs ne changèrent pas les résultats. Une autre étude de 12 ans, avec ajustement pour fumeurs, trouva que le rapport des décès par maladie cardio-vasculaire des végétariens par rapport aux omnivores était de 0,62 (Intervalle de fiabilité = 0,41 à 0,91). Comparés aux omnivores, les végétariens ont des taux de cholestérol total et LDL inférieurs de 9 à 32 % et 7 à 37 % respectivement (21, et 23 à 29). Lorsque des omnivores adoptent un régime végétarien pendant 6 semaines, les taux de cholestérol total et LDL montrent des chutes de 3 à 11 % et 4 à 17 % respectivement. Selon Hodgson, 44,5 % du coût des traitements des maladies cardiaques concernent des personnes de moins de 65 ans. En admettant qu'un régime omnivore est responsable de 29 % des maladies cardiaques dans cette tranche d'âge et 19 % au-dessus, le surcoût des soins attribuable à la consommation de viande est de 9,5 milliards de $ annuellement. La partie des maladies cardiaques qui pourrait être attribuable à l'augmentation de prévalence d'hypertension, de diabètes ou d'obésité parmi les omnivores est incluse dans ces chiffres, mais est exclue des estimations du coût des traitements de ces conditions respectives rapportées ici. Annuellement, plus d'1,2 million d'Américains ont un diagnostic de cancer (non inclus les cancers de la peau basiques et squameux et les carcinomes in situ, exceptés de la vessie) et plus de 500 000 meurent de cette maladie, responsable d'un décès sur cinq aux Etats-Unis. Les formes de cancer les plus communes aux Etats-Unis sont les cancers de la prostate, du sein, du poumon et du colon. Les coûts médicaux directs pour le traitement du cancer furent de 35,3 milliards de $ en 1990. Il est depuis longtemps évident qu'une partie du risque de cancer est attribuable aux facteurs alimentaires. Les cancers du poumon et du colon méritent une attention particulière. Le cancer du colon est diagnostiqué chez 152.000 Américains chaque année, et cause 57.000 décès annuellement. Les femmes et les hommes consommant du buf, du porc ou de l'agneau quotidiennement ont, respectivement, 2,5 et 3,6 fois plus de cancer du colon que ceux qui consomment ces produits moins d'une fois par mois. Des taux supérieurs de cancer du colon chez les omnivores ont été attribués à des niveaux plus élevés de cholestérol et d'acides biliaires, particulièrement les acides biliaires secondaires, dans les voies intestinales, par rapport aux végétariens. Chaque année, le cancer du poumon est diagnostiqué chez 170.000 Américains et cause 149.000 décès. Sa fréquence est plus basse parmi les populations végétariennes, même dans des études contrôlant le tabagisme. Les rapports de mortalité chez les non fumeurs Adventistes comparés aux non Adventistes sont de 0,67 pour les hommes et de 0,42 pour les femmes. Les comparaisons entre Adventistes omnivores et végétariens ont aussi établi un lien entre la consommation de viande et l'augmentation de la fréquence des cancers des ovaires et de la prostate. Les taux de mortalité par cancer chez les végétariens sont inférieurs aux moyennes de la population dans la plupart des études. Une étude anglaise récente compare des contrôles de végétariens et de non végétariens sur un suivi de 12 ans. Le taux de mortalité par cancer des végétariens par rapport aux consommateurs de viande, avec ajustements pour le tabac, l'indice de masse corporelle et le statut socio-économique, est de 0,61 (fiable à 95 % de 0,44 à 0,84). L'ajustement pour l'indice de masse corporelle mène à une sous-estimation des effets réels de l'alimentation. Ces résultats sont similaires à ceux d'une étude allemande, 11 ans auparavant, qui trouva des rapports de mortalité standardisés pour tous les cancers de 0,74 pour les femmes et 0,48 pour les hommes, comparés à la population générale. La consommation de tabac n'intervenait pas dans les différences. Par contraste, l'étude sur les Adventistes en 1976 ne révéla pas de différence statistiquement significative sur la prévalence des cancers entre omnivores et végétariens. L'estimation la plus raisonnable du coût des traitements du cancer attribuable à la consommation de viande vient des études anglaise et allemande de mortalité par cancer. Quand il est considéré que les différences dans les chiffres de mortalité reflètent des différences dans les coûts de traitement et que 40 % des décès par cancer sont attribuables à un régime omnivore, le coût médical supplémentaire attribuable à la consommation de viande est estimé à 16,5 milliards de $ pour 1992. L'enquête de 1976 sur des Adventistes indique cependant qu'aucun avantage végétarien ne doit être considéré comme possibilité dans la prédominance du cancer . Approximativement 7,3 millions d'Américains ont des diabètes sucrés dont la grande majorité n'est pas insulino-dépendante. Le coût médical direct des diabètes et de leurs complications pour 1992 a été estimé à 45,2 milliards de $. De ce chiffre, environ 6,2 milliards de $ sont relatifs au traitement des maladies cardiaques. Les 39 milliards de $ restants sont dus aux diabètes sans complications, et aux complications neurologiques, vasculaires, rénales, endocriniennes et ophtalmologiques, et d'autres conditions qui apparaissent de façl;on disproportionnée chez les diabétiques. Les omnivores ont une prévalence plus élevée de diabètes que les végétariens, comme il est démontré dans les études sur les Adventistes du 7ème Jour. Les types de diabètes ne sont pas différenciés dans ces études. Les Adventistes ont globalement 45 % du taux des diabètes de la population générale. Une enquête de 1960, sur 25.698 Adventistes âgés de 30 à 89 ans, trouva un rapport de prévalence de diabètes diagnostiqués, ajusté en age, de 1,9 chez les hommes non végétariens (fiable à 95 % de 1,4 à 2,6) et 1,6 chez les femmes non végétariennes (fiable à 95 % de 1,3 à 2) comparé aux végétariens. Les Adventistes omnivores ont une plus grande fréquence de surpoids que les végétariens. Les ajustements pour l'âge et le pourcentage de poids idéal réduisent le rapport de prévalence omnivores/végétariens légèrement à 1,8 pour les hommes (fiable à 95 % de 1,3 à 2,5) et à 1,4 pour les femmes (fiable à 95 % de 1,2 à 1,8). Les chiffres non ajustés pour le poids sont néanmoins appropriés pour estimer l'effet des différences d'alimentation sur les risques de diabète. Une étude de mortalité sur 21 ans, qui excluait les sujets connus comme diabétiques dès le début, trouva que le risque, ajusté pour l'âge, des diabètes inscrits sur les certificats de décès, comme cause ayant contribué, ou sous-jacente du décès, était de 2,2 (fiable à 95 % de 1,5 à 3,4) pour les hommes omnivores et de 1,4 (fiable à 95 % de 1 à 1,9) pour les femmes omnivores. L'enquête de 1976 sur des Adventistes trouva des rapport supérieurs de diabètes, ajustés pour l'âge, le tabac, et l'éducation, parmi les omnivores de 1,66 pour les femmes et de 1,53 pour les hommes par rapport aux végétariens. Les deux différences sont significatives (P < 0,001). Comme mentionné précédemment l'indice de masse corporelle significatif était plus élevé pour les sujets omnivores. Les tests cliniques de régimes végétariens ou proches, basés sur des céréales complètes, des légumes, des crudités et des fruits, ont démontré que les besoins en médicament des diabétiques peuvent souvent être réduits substantiellement, ainsi que peut l'être la fréquence des neuropathies et des lésions rétinales, bien que toutes ces études aient utilisé des méthodes combinées, comprenant de l'exercice. Approximativement 57 % des personnes diabétiques sont des femmes. Si l'on considère que le traitement des diabètes est réparti entre hommes et femmes proportionnellement à leur fréquence chez les deux sexes et que les diabètes sont 1,6 à 1,7 fois plus commun chez les femmes omnivores et 1,5 à 1,9 fois plus chez les hommes omnivores que chez les végétariens, des 39 milliards de $ du coût des traitements, l'excès attribuable à la consommation de viande est évalué de 14 à 17,1 milliards de $. Maladies de la vésicule biliaire En 1992, 525.000 Américains (360.000 femmes, 165.000 hommes) ont subi une ablation de la vésicule biliaire d'après l'enquête du Centre National des Statistiques de Santé de l'Hôpital National. Les coûts hospitaliers d'ablation de la vésicule par laparoscopie par patient ont été rapportés être en Virginie de 4.726 $ et dans le Colorado de 6.471 $ de 1990 à 1991. Ceci donnant un coût annuel des cholécystectomies d'environ 3,2 milliards de $ en 1992. Les coûts des urgences, avec laparoscopie telles que diagnostiques et procédures d'urgence, s'ajoutent à celui ci. La nécessité de cholécystectomie est plus courante chez les omnivores que chez les végétariens. L'enquête de 1976 sur les Adventistes trouva un rapport supérieur des cas de cholécystectomies, ajusté pour l'âge, le tabac et l'éducation, de 1,12 pour les femmes omnivores par rapport aux végétariennes (P<0,01). Pour les hommes il était supérieur de 1,08 par rapport aux végétariens, mais pas statistiquement significatif. Dans une étude sur 632 Anglaises omnivores et 130 végétariennes, pour des âges de 40 à 69 ans, 6,8 % des omnivores avaient subi une cholécystectomie, contre 1,5 % des végétariennes. Les examens échographiques révélèrent qu'en plus 17,8 % d'omnivores avaient des calculs biliaires asymptomatiques comparé à 10 % chez les végétariennes. Les différences entre omnivores et végétariennes sont significatives (P<0,01). Après les ajustements pour l'âge et l'indice de masse corporelle, le rapport supérieur de développement de calculs biliaires chez les omnivores en comparaison des végétariennes, était de 1,9 (fiable à 95 % de 1,1 à 3,3). Le surpoids, plus commun chez les omnivores, est associé à un risque supérieur de calculs biliaires. De plus, les comparaisons internationales suggèrent que l'alimentation riche en cholestérol et graisses et pauvre en fibres, augmente le risque de calculs biliaires. La prévalence des cholécystectomies est prise en compte dans les estimations des coûts médicaux, mais pas les calculs biliaires asymptomatiques. Si on considère que les hommes omnivores n'ont pas plus de cholécystectomies que les végétariens et que 11 % des coûts de cholécystectomies chez les femmes sont attribuables à la consommation de viande, le coût correspondant serait de 0,24 milliard de $. Si, ainsi que l'étude britannique le suggère, 75 % du coût des cholécystectomies sont attribuables à un régime omnivore, le coût médical correspondant totalise 2,4 milliards de $. Le "National Center for Health Statistics" (NCHS) définit le surpoids comme un indice de masse corporelle (IMC) de ou au-dessus du 85ème pour-cent des hommes et femmes âgés de 20 à 29 ans. Cela correspond à un IMC de 27,8 kg/m2 pour les hommes (environ 24 % au-dessus du poids souhaitable) et 27,3 kg/m2 pour les femmes (environ 20 % au-dessus du poids souhaitable). Le pourcentage des adultes entre 20 et 74 ans, qui correspondent au critère de surpoids du NCHS, est passé de 25,4 % d'après l'enquête "National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES II)" (conduite de 1976 à 1980) à 33,3 % dans le "NHANES III" (1988-1991), soit une augmentation en nombre de 31,1 %. La dernière enquête trouva 34,7 % des femmes et 31,3 % des hommes en surpoids. Le surpoids augmente le risque d'hypertension, de maladies cardio-vasculaires, de certains cancers, des diabètes et de maladies de la vésicule biliaire. Les coûts médicaux de ces maladies a été discuté précédemment. De plus, le surpoids contribue aux désordres musculo-osseux et à beaucoup d'autres problèmes. Seuls les coûts associés aux maladies musculo-osseuses seront pris en compte en plus. Le coût direct du traitement de tous les problèmes musculo-osseux était estimé en 1980 à 13,1 milliards de $. Wolf et Colditz estiment qu'au moins 10 % du coût des problèmes musculo-osseux peuvent être attribués à l'obésité. L'IMC significatif des groupes d'omnivores est apparu supérieur de 1à 5 kg/m2 à celui des végétariens dans les études contrôlées pour le tabac et l'activité physique. Les études de surpoids sur diverses populations utilisent souvent des définitions différentes de celles du NCES. Une étude sur 25.698 Adventistes trouva un rapport des cas de surpoids, ajusté pour l'âge et défini comme 30 % ou plus supérieur au poids souhaitable, des omnivores par rapport aux végétariens de 1,9 pour les hommes (fiable à 95 % de 1,6 à 2,1) et de 1,6 pour les femmes (fiable à 95 % de 1,4 à 1,7). Omnivores et végétariens étaient similaires pour ce qui concernait les consommations d'alcool, de tabac et pour l'activité physique. Une comparaison de 5.728 végétariens britanniques (âge moyen 38,7 ans) et 5.015 omnivores (âge moyen 39,3 ans) trouva que 27 % des omnivores contre seulement 14 % des végétariens avaient un IMC supérieur à 24. Le taux de fumeurs était faible et similaire dans les deux groupes. Quand on considère que 10 % des 13,1 milliards de $ du coût médical pour les problèmes musculo-osseux sont attribuables à l'obésité, et que ce coût a augmenté de 31 % de 1980 à 1992 en conséquence de l'augmentation des cas d'obésité, et quand le coût estimé résultant est valorisé sur l'inflation du dollar de 1980 à 1992, le coût final pour les problèmes musculo-osseux dus à l'obésité est de 4,4 milliards de $. L'étude sur les Adventistes mentionnée auparavant suggère que 38 % des cas d'obésité chez les femmes et 47 % chez les hommes sont attribuables à la consommation de viande. Ces chiffres sont similaires aux 48 % dérivant de l'étude britannique citée ci-dessus. Quand on considère que les traitements des problèmes musculo-osseux liés à l'obésité sont proportionnels à la fréquence des cas d'obésité, le coût de ces problèmes attribuables à la consommation de viande est estimé à 1,9 milliard de $. Maladies d'origine alimentaire La grande majorité des cas de maladies d'origine alimentaire ne sont jamais enregistrés et même les cas traités ne sont souvent pas diagnostiqués avec précision. Le Département de l'Agriculture (USA) estime qu'en 1993 il y a eu 3,61 à 7,13 millions de ces maladies, dont 2,15 à 4,97 millions (59,6 à 69,7%) étaient liées à la consommation de viande et de volaille. Steahr et Roberts estiment le coût médical des maladies d'origine alimentaire (tous cas confondus) à 6 milliards de $ par an pour les années 1987 à 1990. Si 59,6 à 69,7 % des coûts sont attribuables à la consommation de viande et de volaille, le coût annuel pour cette période serait de 3,6 à 4,2 milliards de $. L'ajustement pour le dollar de 1992 porte l'estimation à 4,7 à 5,5 milliards de $. Un chiffre plus modéré, provenant de " U.S. Department of Agriculture Economic Research Service" estime le coût médical des maladies causées par 5 agents pathogènes (Salmonelle, Campylobacter jejuni, Escherichia coli O157:H7, Listeria monocytogènes, et Toxoplasma gondii ) pour les produits carnés ou à base de volaille pour 1993, de 0,234 à 0,760 milliard de $. L'ajustement pour le dollar de 1992 porte les chiffres à 0,22 à 0,72 milliard de $. Usage Réduit des Soins de Santé chez les Végétariens Les données réduites suggèrent que les omnivores, en fait, utilisent plus les services de santé que les végétariens. Freeland-Graves trouva que, parmi 150 jeunes végétariens, (moyenne d'âge 25,8 ans, limites 18 à 41 ans ) et 150 non-végétariens correspondant pour l'âge et le sexe, plus de deux fois de non-végétariens que de végétariens avaient été hospitalisés pendant les 5 années passées (27% contre 12%, P < 0,01), et aussi que deux fois plus de non-végétariens suivaient des prescriptions médicamenteuses (22% contre 11.3%, P < 0,05). Les omnivores étaient moins enclins à s'abstenir d'alcool comparés aux végétariens (12 % contre 32 % respectivement), et plus enclins à fumer (16,2% contre 8,0%), bien que l'impact de ces facteurs dans les maladies pour cette jeune population est probablement moindre qu'elle ne le serait pour des sujets plus âgés. Dans une autre étude, l'utilisation des services de santé et la médication furent examinés chez 27.766 Adventistes du 7ème Jour. Notablement plus d'omnivores avaient été hospitalisés pendant l'année précédente, comparé aux végétariens (9,2% contre 7,2% pour les hommes, P < 0,001; 13,3% contre 11,9 % pour les femmes, P < 0,01). Chez les omnivores 21,3 % des femmes et 29,9 % des hommes rapportèrent qu'ils n'absorbaient pas de médicament régulièrement. Chez les végétariens ces chiffres étaient plus importants (57,3 % pour les femmes, 70,3 % pour les hommes). La différence entre les deux groupes alimentaires est significative (P< 0,001). Les femmes omnivores avaient été aussi plus sujettes à subir des opérations en urgence pendant les 12 mois précédents comparées aux végétariennes (11,8 % contre 9,5 %, P < 0,001). Les hommes omnivores avaient plus subi de radios en urgence pendant ce même temps (12,9% contre 11,2%, P < 0,01). Ces différences ont persisté après l'ajustement pour le tabac. Comme cité plus haut, l'IMC significatif était plus élevé parmi les omnivores pour les deux sexes. Coûts Attribuables à la Consommation de Viande Les coûts médicaux supplémentaires attribuables à la consommation de viande sont estimés en fonction de la proportion des maladies précitées, chez les omnivores par rapport aux végétariens, et sont listés ci-dessous.
Traduction française de Gilles Chatras
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