Le Coût
Médical Attribuable à la Consommation de Viande - de EVU News, Numéro 1 /1997 -
DISCUSSIONLa présente analyse montre que les coûts attribuables à la consommation de viande sont vraiment substantiels. Dû au fait que les omnivores et les végétariens peuvent différer dans beaucoup d'aspects en dehors de l'alimentation, particulièrement dans les degrés de tabagisme, de pratique d'exercice et de consommation d'alcool, les études sélectionnées pour cette analyse ont pris en compte ces facteurs autant que possible. De telles tentatives de contrôle peuvent mener à sous-estimer des différences réelles. Les études concernant les Adventistes peuvent mener à amoindrir les différences entre omnivores et végétariens car les Adventistes omnivores ont tendance à consommer la viande avec modération. La légère différence d'alimentation entre omnivores et végétariens de ce groupe en fait l'un des plus remarquable pour la différence frappante de la prévalence des maladies au sein de ce groupe. Plusieurs facteurs additionnels peuvent rendre ces chiffres sous-estimés. La présente analyse omet les conditions dans lesquelles les données sont insuffisantes. Par exemple quelques évidences suggèrent que les attaques, les affections diverticulaires et l'arthrite rhumatoïde sont plus commues chez les omnivores, alors qu'elles ont été exclues de cette analyse. Le coût des diabètes présentés ici ne tient pas compte des soins donnés dans les Administrations Fédérales, Militaires et des Anciens Combattants ou des centres de dialyse gratuits, pas plus que les soins à d'anciens patients pour les séquelles de diabètes telles que problèmes rénaux, cataractes ou glaucomes, et le traitement nécessité par les diabètes non diagnostiqués. Le coût du traitement de l'obésité et de ses conséquences autres que mentionnées ci-dessus n'a pas été considéré. Le coût des maladies d'origine alimentaire est faiblement estimé parce que les agents pathogènes dus au poisson ont été omis, et l'étude sur laquelle est basée notre estimation la plus basse était limitée à seulement 5 organismes infectieux. Nos chiffres seraient surestimés si une réduction de la consommation de viande ou si une augmentation compensatrice des fruits et légumes absorbés, avaient des effets potentiels adverses nécessitant des soins médicaux. Cependant, la littérature existante ne corrobore pas de tels risques. Les publications les plus importantes à ce sujet parlent de l'adéquation des protéines, riboflavine, vitamine B12, fer et calcium. Il fut un temps, où il était cru que les régimes à base de végétaux nécessitaient une planification prudente pour assurer l'équilibre protéique. Cependant, il est maintenant connu qu'un régime végétal varié, consommé en quantité suffisante pour maintenir le poids du corps, satisfait facilement les besoins en acides aminés, même sans combinaison intentionnelle des aliments. Dans les pays de l'Ouest, les régimes végétariens sont généralement adéquats en riboflavine. Cependant, la dose journalière absorbée de riboflavine en chine (0,8 mg) tombe en dessous de la dose journalière recommandée (DJR) de 1,2 mg et, dans certaines provinces chinoises, plus de 90 % de la population est au-dessous de cette valeur. Et pourtant il n'y pas de symptômes évidents de déficience générale, ni des coûts de traitement significatifs. Ceci suggère que la DJR semble avoir une marge de sécurité généreuse. On pourrait s'attendre à une déficience en vitamine B12 plus commune parmi ces régimes végétariens stricts, sans planification suffisante, mais à notre connaissance rien ne prouve que ce facteur entraîne un pourcentage conséquent de végétariens à suivre un traitement médical. L'absorption de fer non-hème* provenant de la nourriture végétale est plus faible que le fer non-hème provenant de la viande. Cependant les régimes basés sur les végétaux procurent généralement le taux de fer adéquat (81, 8385). Dans les pays de l'Ouest, la déficience en fer n'affecte pas les végétariens de façl;on disproportionnée par rapport à la moyenne. De plus, la diminution de fer hème absorbé et une plus faible accumulation de fer sont associées à un risque plus faible de maladies cardio-vasculaires, cancers et autres problèmes. *(ndt : hème = fraction non protéique de l'hémoglobine lui donnant sa couleur rouge du fait quelle renferme du fer) L'équilibre en calcium requiert à la fois une absorption adéquate et des pertes minimales. Les végétaux et les légumes verts procurent du calcium qui est, excepté pour les épinards, d'une haute biodisponibilité. L'adéquation en calcium des régimes basés sur les végétaux est soutenue par des études montrant que les populations suivant de tels régimes ont généralement un taux inférieur de fractures de la hanche que celles ayant des régimes basés sur les produits animaux. Peut-être parce qu'une consommation réduite de viande est associée à une plus faible élimination urinaire de calcium. Les aliments végétaux peuvent quelque peu procurer moins de zinc que la viande. Mais un régime végétal réduit également l'élimination du zinc. L'absorption et le taux de zinc se sont révélés être adéquats sur des végétariens de longue date. Les personnes ne mourant pas de problèmes cardio-vasculaires, cancers ou autres maladies graves peuvent développer d'autres maladies nécessitant des traitements. Les estimations présentées ici sont basées sur des études de la prévalence de maladies courantes, les coûts des autres maladies pouvant survenir chez des individus âgés n'ayant pas été exclus. De plus, les maladies liées à l'alimentation tendent à se grouper. L'obésité, l'hypertension, les maladies cardiaques, cancers et diabètes surviennent souvent combinés. Par contraste, les individus qui vivent à des âges particulièrement avancés sont fréquemment en relative bonne santé, et lorsque la mort survient, elle n'est souvent pas précédée de maladies graves nécessitant un traitement. Il est à noter que les effets dus à l'inclusion de la viande dans l'alimentation ne sont pas seulement attribuables aux constituants de la viande elle-même. Quand la viande est incluse dans l'alimentation, les produits végétaux sont nécessairement réduits. Les effets sur la santé d'un régime omnivore peuvent résulter de la présence de viande, de la diminution des végétaux, ou les deux. Une part substantielle du coût des soins de santé en Amérique est attribuable à des facteurs identifiables. Le plus notable, les dépenses en soins médicaux attribuables au tabac furent de 50 milliards de $ en 1993. Les coûts combinés attribuables au tabac et à la consommation de viande dépassent les coûts médicaux prévisionnels de la couverture de santé de tous les Américains couramment non assurés. Le fait qu'une maladie soit coûteuse ne signifie pas nécessairement que sa prévention économise de l'argent. Les programmes de prévention ont leur propre coût, et les bénéfices sur la santé dus au changement de style de vie ne pourront être effectifs que dans un futur éloigné. Des tests, aléatoires contrôlés sur les effets à long terme de régimes sans viande ou d'arrêt du tabac n'ont jamais été menés et ne sont pas envisagés, et la possibilité de réduire les dépenses des soins médicaux par de telles solutions n'entre pas dans le cadre de ce rapport. Les données existantes sont insuffisantes pour estimer le temps nécessaire pour que les changements d'alimentation entraînent des bénéfices pour la santé ou des économies d'argent. Pas plus que les données présentées ici ne révèlent si des réductions modestes de consommation de viande seraient bénéfiques, ni si les résultats d'étapes préventives différeraient entre hommes et femmes. De récentes études montrant que des changements majeurs d'alimentation sont favorables au moins pour quelques personnes, justifient que des études sur la rentabilité du coût des interventions sur l'alimentation sont à plus forte raison opportunes. En résumé, un vaste ensemble d'évidences montre que des coûts médicaux substantiels sont attribuables à la consommation de viande. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer la rentabilité du coût des interventions visant à changer les comportements alimentaires.
Traduction française de Gilles Chatras
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