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QUELQUES RAISONS A PRENDRE EN CONSIDERATION POUR NE PAS MANGER DE POISSON

Par Ted Altar

English  (Version originale)

SECTIONS :

Raison éthique pour ne pas manger de poisson

Il y a dans le cerveau des poissons certains récepteurs opiacés comme on il s'en trouve aussi dans celui des mammifères. Il est connu que la fonction de telles structures et des neuromodérateurs dans le cerveau des mammifères est de servir à la sensibilité des sensations de douleur. Ceci suggère que même les poissons peuvent être des créatures qui expérimentent, à un certain degré de conscience cognitive, des sensations de douleur, et ainsi ont développé ces analgésiques endogènes. Peut-être n'en serons-nous jamais sûrs mais nous devrions au moins prendre en considération la plus grande évidence à notre connaissance et admettre au bénéfice du doute qu'une immense somme de souffrance et de douleur est possible parmi toute une catégorie d'animaux contrairement à ce qu'il a pu être pensé auparavant.

Bien sûr on doit tracer une limite à un certain point mais cela ne doit pas être une séparation plus étroite que la distinction utile entre ivresse et sobriété, définie par des taux d'alcool spécifiques dans le sang. Avec un certain taux d'alcool dans le sang on définit qu'une personne est ivre; de façon similaire, je pense que le poisson représente la limite pour nos considérations éthiques de ne pas souhaiter infliger de douleurs et de souffrances aux animaux non humains. et humains Nous devrions les considérer avec respect et avoir de la compassion pour eux, ou tout au moins respecter pour les critères douleur et souffrance.

Même si ressentir de la "douleur" paraît ne pas être applicable aux poissons, il y a toujours la raison générale de souhaiter appliquer un certain respect éthique aux créatures vivantes incluant même les poissons, particulièrement s'il n'y aucune réelle nécessité pour notre propre survie de les consommer.

RAISONS ECOLOGIQUE/HUMAINE

Concernant l'humain raisonnable et écologique, chacun devrait lire le livre de Farley Mowat "Sea of Slaugther". Il existe aussi une très bonne vidéo basée sur ce livre et commentée par Farley Mowat.

Il y est question aussi des conséquences de l'industrie de la pêche pour les autres animaux. Par exemple, la Norvège a déclaré que les données de leurs recherches prouvent que l'alimentation de la baleine "minke" comprend des espèces de poissons exploitables commercialement et que, en conséquence, celle-ci peut-être considérée comme une concurrente de l'industrie de la pêche. En fait, on rapporte que le Ministère Norvégien des Affaires Etrangères a appelé la baleine "minke" le "rat des mers".

Contre-rapport du WWF :

  • Il y a très peu de données connues sur la quantité de harengs consommés annuellement par les baleines "minke";
  • On ne sait pas réellement combien de ces harengs auraient été capturés par l'industrie de la pêche ni combien sont consommés par d'autres prédateurs marins;
  • L'impact du changement des facteurs d'environnement tels que la production de plancton, les températures et la pollution, est aussi inconnu.
  • "Ce rapport préliminaire montre que des informations importantes sont laissées de côté par les arguments du Gouvernement Norvégien" dit Cassandra Phillips, Responsable Cétacés du WWF. "Ils présentent une image imprécise pour justifier leur position."

Voici un autre extrait provenant d'une source différente :

...La production de bœuf et de mouton est poussée au-delà des limites naturelles. A de rares exceptions près, les surfaces de prairie dans le monde sont soit pleinement exploitées, soit surexploitées. Dans beaucoup d'endroit, elles ne peuvent même plus supporter le rendement actuel. Une étude sur les terres productives des régions semi-arides du Pakistan rapporte que le surpâturage a réduit la productivité de 15 à 40 % de son potentiel. L'étude décrit le secteur de l'élevage comme "absorbé dans une spirale descendante de trop nombreux animaux malades à la recherche d'une nourriture insuffisante". Les ressources marines ainsi que les pâturages sont poussées à leurs limites. Il ne faut s'attendre qu'à une croissance réduite pour le futur.
[Brown et al., THE STATE OF THE WORLD, 1993.]

RAISONS DE SANTE POUR EVITER OU LIMITER LA CONSOMMATION DE POISSON

Contamination chimique

Maintenant, voici quelques considérations concernant la santé. Le pourcentage de résidus de pesticides hydrocarbures chlorés dans l'alimentation américaine, attribuable aux viandes, produits laitiers, poissons et œufs, est d'environ 95%. De plus sont concernés les déchets "métaux lourds" (arsenic, mercure méthyle, aluminium, cadmium etc.) qui commencent à apparaître de plus en plus souvent même dans les poissons de haute mer. Bien sûr le poisson de rivage et des mers intérieures sont encore plus problématiques à ce sujet, mais même le poisson des eaux profondes peut lui aussi contenir de telles accumulations de pesticides et métaux (voir "Bull. of Envir. Contamination and Toxicology, 1985, 34(2):216. Par exemple, un rapport scandinave a trouvé des taux élevés de mercure dans des poissons de la Mer Baltique (Rocz-Panstw-Kakl-Hig, 1985, 36(2):119). Les enfants finlandais mangeant du poisson ont aussi des taux plus élevés de mercure, plomb, cadmium et arsenic (Human Nutr. Appl., 1986, 40(1): 32). Des taux plus élevés de cancer et symptômes neurologiques ont été constatés parmi les japonais consommant du poisson (Science of the Total Environment, 1983, 31(2):157; Acta-Pathol-Jpn, 1982, 32(suppl. 1):73)

Je vous recommande fortement de lire l'article du "CONSUMER'S REPORTS" de février 1992. Ils ont trouvé des PCB dans 43 % de tous les saumons, dans 50 % des poissons blancs (merlan, aiglefin) et même dans des poissons des profondeurs comme l'espadon dont 25 % étaient contaminés. La moitié du flet vendu à New York contenait des pesticides. Vient ensuite le problème du mercure. Par exemple, 90 % des espadons en contiennent. Une boîte de thon ordinaire contient en moyenne 15 mcg environ de mercure. Le Gouvernement américain peut stipuler que 30 mcg de mercure sont acceptables, franchement je m'inquiéterai de ne pas en absorber si j'ai le choix. Et nous l'avons le choix ! Nous n'avons qu'à ne pas manger de poisson. De tels niveaux importants de contamination des rejets industriels ne devraient pas nous surprendre quand on voit que les hommes ont traité les cours d'eau et les océans, comme de vrais égouts pour déchets industriels.

En tant qu'expert en pesticides Lewis Regenstein a dit :

"La viande contient approximativement 14 fois plus de pesticides que les aliments végétaux et les produits laitiers 5 fois et demi plus. Ainsi, en consommant des aliments d'origine animale on ingère des quantités hautement concentrées de produits chimiques dangereux."
(see "Pesticide residues in total diet samples" in Pesticides Monitoring Journal, 1972, 5:313-30)

Et maintenant la même chose se produit avec le poisson. Bien que le poisson puisse être consommé à la place de la viande par crainte des pesticides, vous devez également garder à l'esprit que tous les animaux, situés plus hauts dans la chaîne alimentaire, accumulent tous les des pesticides qu'ils absorbent par la nourriture et l'eau contaminées (le plus souvent l'eau de ruissellement contaminée des champs traités). Par exemple "Newsweek" du 16 novembre 1984 (page 48) rapporte que manger 1 livre de poisson du Lac Ontario équivaut à boire environ 1,5 million de litres de cette eau polluée !

Pour plus d'informations vous pouvez consulter le livre de John Robbins "Diet for a New America", dont il cite les sources pour ce qui suit :

  • Pourcentage de lait des mères végétariennes américaines contenant des niveaux significatifs de DDT:  8%
  • Niveaux relatifs de contamination par les pesticides du lait maternel des mères mangeant de la viande comparé à celui des mères végétariennes : 35 fois plus élevé
  • Pourcentage d'étudiants universitaires masculins en 1950 : 0,5 %
  • Pourcentage d'étudiants universitaires masculins en 1978 : 25 %
  • Numération du sperme de l'homme américain moyen comparée à 30 ans plus tôt : moins 30%
  • Principale cause de stérilité et de réduction des spermatozoïdes chez l'homme américain : pesticides hydrocarbure chlorés (comprenant Dioxine, DDT etc.)
  • Pourcentage de résidus de pesticides hydrocarbures chlorés dans l'alimentation américaine attribuables à la viande, aux produits laitiers, au poisson et aux œufs : 94 %

Bactéries

Une cuisson minutieuse ne garantit pas que toutes les toxines produites par des bactéries soient détruites, car certaines sont résistantes à la chaleur. Les bactéries sont mortes, mais leurs toxines peuvent rester encore actives. Par exemple l'histamine produite par des bactéries n'est pas détruite par la chaleur et on attribue actuellement un certain nombre décès à cette toxine bactérienne. Dans ce même article du "CONSUMER REPORTS" il est dit qu'environ 40 % du poisson entrent déjà en décomposition avant de quitter les magasins et que plus de 40 % contiennent des germes fécaux provenant des déchets humains ou animaux. L'odeur si caractéristique et si familière de "poiscaille" (sic) dans les poissonneries provient de la [trimethylamine] produite dès que le poisson commence à se décomposer. Et bien sûr il y a le problème du poisson médium idéal (comme le poulet) de culture de staphylocoques et clostridium transmis lors des manipulations. C'est pourquoi l'on doit se laver les mains avant de manipuler du poisson.

La FDA (Food & Drug Administration US) a estimé qu'environ 5 à 10 % des crustacés crus contiennent vibrio vulnificus. Les fruits de mer provenant d'eaux polluées peuvent même transmettre l'hépatite, la salmonellose, et le choléra.

La clef du problème est que nous ne pouvons simplement être sûrs que certains poissons ne contiennent pas de tels contaminants en raison de l'incapacité virtuelle des contrôles gouvernementaux.

Graisses et huiles de poisson

Tous les poissons contiennent du cholestérol et des graisses saturées. Le saumon contient beaucoup de graisses, alors que l'aiglefin ou le haddock sont préférables de ce point de vue. Toutefois, tous les poissons manquent de fibres, ne contiennent pas d'hydrates de carbone complexes (glucides) et peuvent apporter trop de protéines pour l'alimentation de certaines personnes. Pour ceux qui essayent de perdre du poids, certains poissons ne sont pas un aliment idéal dans ce sens.

Tandis que les absorptions de cholestérol n'augmentent pas les taux de cholestérol sérique, de même que les absorptions de graisses saturées, pour les personnes suivant un régime pauvre en graisse (et chacun devrait s'intéresser dès que possible à un tel régime), les effets d'un régime haut en cholestérol augmentent.

Les huiles de poisson, que certains considèrent comme une aide pour la réduction des taux de triglycéride (non pas les taux de cholestérol sérique), ont été reconnues pour favoriser la formation des radicaux libres, qui à leur tour, peuvent être impliqués dans le cancer et les [CHD] (voir AM J CLIN NUTRI, 1991, 53:177; et AM J CLIN NUTRI, 1991, 53:178).. Les huiles oméga 3 se trouvent sous une forme plus stable dans les végétaux, les fruits et les haricots, tandis que ces huiles sont très instables dans le poisson, entraînant des radicaux libres. Les huiles de poisson rendent le sang moins facile à coaguler, (ce qui pourrait être un avantage pour les personnes à haut risque d'attaque), mais ceci peut être aussi un risque. Finalement, certaines études montrent que des supplémentations en huiles de poisson peuvent actuellement réduire les réponses immunologiques du corps aux bactéries et virus.(N ENG J MED, 1989, 320:265; J CLIN INVEST, 1985, 76:1626).

La consommation excessive de toutes huiles, incluant les huiles de poissons, entraîne une augmentation du risque de cancer (Nutrition & Cancer, 1984, 6(4): 254). Manger trop de poisson peut diminuer la capacité du sang à coaguler, comme cela a été constaté chez les Innuits qui ont un taux élevé d'attaques hémorragiques, épilepsies et saignements de nez. La consommation excessive de protéines peut provoquer ce qu'on appelle de l'hypercalciurie protéine-induite (perte de calcium des os) et c'est peut-être l'une des causes contribuant à l'ostéoporose. Et, encore une fois, l'huile d'un plat de poisson contient beaucoup de cholestérol (une simple capsule d'huile de poisson contient 300 mg de cholestérol).

Autres points

Un autre point peut être l'absorption de vitamine D [voir Journal Of The American College Of Nutrition, 11(5):567-583]. Le problème ici est que, au fur et à mesure de l'âge, le taux de calcium dans les os décroît tandis que le dépôt de calcium dans les tissus mous augmente. La preuve que le calciférol (vitamine D) étant un facteur de ce problème de calcium provient de différentes sources. Par exemple l'excès de calciférol de la thérapie Mégavitamine D ou chez les nourrissons recevant des quantités excessives d'aliments fortifiés, est connu pour provoquer dans un temps relativement court des dommages cardio-vasculaires, rénaux, et osseux. Une majorité de la population semble consommer la vitamine D en excès, (particulièrement par rapport aux recommandations du RNI : 100 UI ou du RDA : 200 UI) provenant de multiples sources telles que le lait (400 UI/litre aux USA), la margarine (660 UI/100 g au Canada), les suppléments multivitaminés (200 à 400 UI), certaines céréales pour petit-déjeuner (100 UI/portion), les yaourts, les œufs (50 UI/jaune) le poisson et la viande. La plupart de la vitamine D donnée aux animaux comme hormone de croissance se concentre dans leurs réserves de graisse. Toutes ces multiples sources de vitamine D peuvent résulter en une consommation aussi élevée de 800 à 1500 UI par jour. Quand toutes ces sources exogènes sont ajoutées aux quantités variables de vitamine D dues à l'exposition au soleil, il n'est pas surprenant qu'une étude ne trouve que 13 % des nourrissons absorbaient plus de 1000 UI par jour et que 4,2 % des femmes adultes excédaient de 1000 IU/jour.

POUR PLUS D'INFORMATIONS

Ce sont seulement quelques-uns des inconvénients de santé dus au poisson. Pour plus d'informations, voir la très bonne présentation du professeur Neal Barnard (faite au 4ème Congrès de la Vegetarian Union of North America et à la 33ème Convention Annuelle de l' American Vegan Society, Portland, été 93). La vidéo (en langue anglaise) de cette présentation est disponible sous la référence :


  Tape #58  Neal Barnard, M.D. "Problems with Fish, Eggs, & Dairy Products"

Pour commander une (des) cassette(s) écrire (carte de crédit non acceptée.) à :


  American Vegan Society

  501 Old Harding Highway

  P.O. Box H

  Malaga, NJ 08328

  U.S.A.

FINALEMENT

Finalement, il y a même une raison esthétique. Vous avez peut-être remarqué que dans les pièces mal aérées remplies de personnes omnivores il peut y avoir une odeur distincte de fauve. En fait, les gens qui mangent beaucoup de poisson peuvent sentir le poisson, comme ceux qui mangent beaucoup de viande peuvent sentir le fauve. Il y a actuellement un article dans "Lancet" qui confirme ceci (Smith "The use of smell in differential diagnosis", 1982, 2:1452). Bien sûr, cela peut être ou ne pas être une raison esthétique ou culturelle, mais ici à l'Ouest il arrive généralemnt que ce genre de chose soit un souci social, à tort ou à raison.

Traduction : Gilles Chatras

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